CHAPITRE X
démence OU de paralysie générale, sont remplacés par des / ou même supprimés. Les fous furieux, les déments, superposent leurs mots, ou les écrivent, partie en lettres majuscules, partie en minuscules, avec les mêmes lettres répétées jusqu'à huit ou dix fois. Le plus grand nombre, suivant une excellente observation de M. Raggi(l), les monomanes surtout, ne se contentent pas de suivre la ligne horizontale, ils écrivent aussi verticalement, et forment avec leurs mots des espèces de dessins qui font ressembler leurs pages à des plans topographiques. A Racconigi, j'en ai vu un qui s'était formé une écriture spéciale, semblable à celles de quelques orientaux: les voyelles manquaient; mais, en revanche, on y voyait, comme dans les langues les plus anciennes, des hiéroglyphes, des représentations de l'objet qu'il voulait exprimer. Marcé cite un homme atteint de folie religieuse, qui mettait sous chacun de ses mots trois points et une croix.
Je n'ai pu remarquer aucun de ces traits dans les autographes des criminels. Le lecteur peut s'en faire une idée par ces fac-similé où à peine 4 sur 110, c'est-àdire les n°s 75, 80, 30, 33, sont empâtés, et où, à l'exception d'un seul, le n° 43, tous exagèrent les t et les s.
Quant aux hiéroglyphes s'ils remontent à l'atavisme, de même que ceux des monomanes, ils diffèrent de ces derniers parceque ils ne sont particuliers à un seul, mais sont compris par tous les complices de la même région.
(1) V. Raggi, Sugli scritti dei pazzi, 1875, Bologne. — Marcé, De la valeur des écrits des aliénés, (Ann. d'hyg., 1862). — Lombroso, Genio ' e follia, Turin, 1882.