CHAPITRE XI
Littérature des criminels.
1. — De même qu'ils ont un argol, de môme les criminels ont une littérature qui leur est spéciale. Les livres obscènes d'Ovide, de Pétrone, de l'Arétin, en seraient les modèles fournis par les Anciens. Modèles mal suivis d'ailleurs, car c'est un genre de littérature dépouillée de toute fleur de rhétorique, une littérature basse et cachée comme celle des almanachs populaires, sèche comme une chronologie, et qui s'est toujours conservée à l'insu peut-être des esprits cultivés. Tels sont \e. Liber vagaiorum , de 1509, traduit dans toutes les langues d'Europe; L'Histoire des Larrons, de Lyon Didier, 1647; la Légende of te hystorie van de snode practjique, ende de hehendige lislichden der Dieve, de Lopez de Haro, Leyde, 1645; enfin cet interminable chansonnier criminel, qui appartient à l'Angleterre, et dont les titres seuls couvrent une page entière du livre de M. Mayhew^(l).
Les voleurs se montrent très-avides de toutes ces lectures, et celles-ci, à leur tour, engendrent, hélas! trop de voleurs.
Nous avons en Italie le fameux Traltato dei Bianti, de 1600, édité je crois à Urbin. Il décrit 38 espèces
(1) Le voleur de la vallée. — Le jardinier ensanglanté. — Adieux des transportés. — La mort de Puk. — Quand je me promène la nuit, etc.