‹ L'homme criminelChapitre 231 sur 315 · LE BAGNE DE SAN STEFANO · texte numérisé non relu

LE BAGNE DE SAN STEFANO

Dante, qu'on ne vante plus tes cercles infernaux, Et toi, Virgile, cesse de chanter les flammes sombres de l'Averne,. Et les cérastes, et les Harpyes, et les autels Qui distillent en ces lieux ténébreux une affreuse pourriture.

Ici, ici, l'on perçoit le groiiillement sombre De ces âmes impies, perverses et sordides. Ici, l'on entend le son terrible et rauqiie Qui retentit sur l'autel de Pluton.

Un monstre s'endort ici, sur ce grabat, Et bientôt devient la proie d'un autre monstre Qu'un troisième se hâte de venir dévorer à son tour.

Le sang dégoutte sur le sol; l'air ne respire Que vengeance, carnage et trahison.

Ici, pendant que l'un périt, l'autre conspire.

Cette pièce prouve, non seulement que le sentiment esthétique ne fait pas défaut aux criminels, mais encore qu'il atteint souvent en eux un développement extraordinaire. Il n'y a pas longtemps que Lecrosnier, un vul-

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