‹ L'homme criminelChapitre 25 sur 315 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

tourner le vent contraire. Plutarque dit de Théraistoclc, qu'il fit tuer plusieurs prisonniers pour se rendre les dieux favorables, avant de se mettre en campagne contre les Perses. L'histoire ancienne de Sparte enregistre quelques sacrifices humains. Les Romains agissaient de même: Tite Live raconte que, sous le consulat de Paul- Emile et de Térentius Varron, deux Gaulois et deux Grecs furent enterrés vivants dans une citerne creusée à cet effet. Plutarque rapporte un fait un peu plus ancien. Auguste et Héliogabale immolèrent des victimes humaines , le premier aux mânes de César, l'autre à une divinité syrienne qu'il avait introduite à Rome.

La Bible parle de sacrifices humains chez les Hébreux; ainsi ceux d'Isaac, de la fille de Jephté, etc.

Les Carthaginois sacrifiaient à Kronos (Moloch) les enfants les plus nobles et les plus beaux de la contrée; mais, plus tard, ils les remplacèrent par des enfants achetés et nourris dans ce but. Mis en déroute par Agathocles, ils crurent que la divinité était irritée, et, pour l'apaiser, immolèrent 200 enfants pris parmi les plus nobles. Ainsi faisaient les Phéniciens , les Egyptiens, lesCrétois, les Cypriotes, les Rhodiens et les Perses.

L'usage de la- circoncision , chez les Hébreux , montre combien les sacrifices humains étaients fréquents. Cette cérémonie est en effet, comme l'a démontré Spencer, un reste de ces sacrifices, réduits à leur plus simple expression. (Hevue Philos., -1878).

Ainsi, parmi les peuples de l'Europe septentrionale, les Massagètes, les Scythes, les Gètes, les Sarmates, les Scandinaves, croyaient ne pouvoir obtenir ni prospérités, ni faveurs, s'ils ne sacrifiaient des hommes à Odin ou à Thor. L'île de Rugen, dans la Baltique, et spécialement Upsal, étaient célèbres par des sacrifices

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de ce genre; de même l'Irlande et la Zélande. Les Gaulois et les Germains ne commençaienl aucune entreprise avant d'avoir offert à leurs dieux des victimes humaines. La forêt Hercynie et celle des Àrdennes avaient gardé un renom terrible des sacrifices.

e) Homicides commis par brutalité ou des motifs futiles. — Tandis que ces homicides « sans motif apparent, » comme dit Romagnosi, sont, chez les peuples civilisés, l'effet de conditions anormales qui affectent quelques individus, ils sont très-fréquents chez les sauvages, parceque l'humanité primitive tient fort peu compte de la vie humaine, surtout dans les rapports entre chefs et sujets, entre croyants et prêtres.

Les Australiens ne font pas plus cas de la vie d'un homme que de celle d'un crapaud. On peut en dire autant de la Mélanésie entière, comme nous le verrons en traitant du cannibalisme. A Fidji, on a vu un homme dévorer sa femme après l'avoir fait cuire sur un brasier qu'il lui avait ordonné d'allumer. 11 commit cette atrocité uniquement pour se distinguer, pour acquérir de la notoriété. Dans ce pays, tuer un homme est un acte qui ne tire pas à conséquence et qui, au contraire, donne du relief au meurtrier. Aussi les indigènes ontils soin d'être toujours armés.

Au dire d'un ancien voyageur, Niccolô Conli, qui écrivait en 1430, l'homicide, pour un Malais, était une simple plaisanterie. « Quand l'un d'entr'eux faisait l'acquisition d'un sabre, il l'éprouvait volontiers en le plongeant dans la poitrine du premier venu ». L'opinion publique n'y trouvait pas à redire; on louait même la légèreté de main du meurtrier, si le coup était porté avec art.

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