‹ L'homme criminelChapitre 26 sur 315 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Les Aclianlis ne se conlcntent pas même de tuer, ils veulent faire souffrir la vicLime avant de lui ôter la vie.

Dans l'Afrique centrale, comme en Mélancsie , la femme est tuée par son mari pour le motif le plus frivole.

Le fameux monarque Mtesa fait périr chaque jour des odalisques de son harem; il suiïit pour cela qu'elles aient cessé de lui plaire. (Stanley, Le Continent Noir, -1879).

Cameron, parlant du chef de tribu Kassango, dit qu'il fut surpris « de voir, parmi ceux qui l'entouraient, un si grand nombre de gens mutilés, et, plus encore, d'apprendre que beaucoup de ces mulilalions avaient <îlé faites par simple caprice du maître, ou pour donner «ne preuve de son pouvoir». Parlant d'un autre chef, il dit: «Faire couper des nez, des lèvres, des oreilles, ne suffisait pas à ce misérable: il avait voulu étendre ses vivisections à une femme qui était sur le point d'accoucher; il lui avait fait ouvrir le ventre pour satisfaire une curiosité monstrueuse ».

f) Homicides causés par un désir de gloire. — Pour le sauvage, un étranger est presque toujours un ennemi; le tuer n'est pas un délit, mais souvent même un titre de gloire.

Williams, qui a étudié les îles Fidji, dit d qu'être un assassin célèbre est la chose la plus ambitionnée d'un Fidjien, » si bien que, dans ces tribus, les actes qualifiés par nous de crimes ont été en quelque sorte divinisés. «Aux îles Fidji, les noms des dieux font connaître leur caractère. Ainsi, Tumanbanga est le dieu de l'adullère, Ndauthina celui qui enlève les belles, Kumbunaranua celui qui se plait aux querelles, Mbatimona le mangeur de cervelles, Ravuravu l'assassin, Maina-

tavasara celui qui Itiit un massacre, etc. ». A Bornéo, parmi les jeunes gens, nul ne trouve à se marier s'il n'a tué au moins un homme,

La conscience, dit Burton, n'existe pas dans l'Afrique orientale; le remords n'est que le regret de n'avoir pu commettre un crime. Le vol rend un homme honorahle; l'homicide, surtout, s'il se présente accompagné de circonstances atroces, fait de lui un héros.

M. Galbrailh, qui passa plusieurs années chez les Sioux, comme agent du Gouvernement des Etats-Unis, les dépeint de la sorte: a: Ils sont bigots, barbares, et, en somme, très-superstitieux. Le vol, l'incendie, le rapt, l'assassinat, sont considérés par eux comme des moyens de se signaler; ils disent à leurs propres fils, au sortir de la première enfance, que l'assassinat veut être regardé comme la plus grande de toutes les vertus. Dans les danses, dans les banquets, les guerriers chantent leurs assassinats, qu'ils regardent comme des prouesses; la plus grande, je dirai même, la seule ambition d'un jeune homme courageux, est de pouvoir porter « la plume » qui est la décoration accordée à qui a tué ou aidé à tuer une créature humaine, serait-ce une femme ou un enfant; et, quand il est arrivé à posséder sa première « plume, » il désire ardemment en augmenter le nombre; si bien que le courage d'un indien se mesure au nombre des plumes dont il orne son front».

On observe précisément la même chose chez les Manyeraa, où les homicides sont fort nombreux. Beaucoup tuent seulement pour pouvoir se vêtir de la peau du chat musqué, et se coifTer avec une plume de perroquet, (LiYiNGSTONE, de Zanzibar à Tilombu). Là, sur les places publiques, dit-il, j'ai vu souvent quelqu'un jeter à terre une plume de perroquet ; qui veut s'en

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