CHAPITRE XIII
compte 2 seulemenl sur 924, et M. Salemi-Pace 6 sur
M. Verga (Annali di Slatistica, 1883, vol. 8"^) sur 46.856 aliénés en a conslalé 0,56 0[0, dont 0,65 chez les hommes et 0,45 0(0 chez les femmes. La proportion devient plus grande quand il s'agit de personnes riches soignées dans des établissements privés; elle est alors, sur 585 sujets, de S,9 0[Q. Cette différence tient, dit avec beaucoup de justesse M. Verga, à ce que nombre de ces riches, qui iraient peupler les prisons, doivent à des juges plus éclairés ou à des avocats plus habiles d'être enfermés, après leur faute, dans une maison de santé; souvent même, après un premier scandale, leur famille prend l'initiative de cette mesure, pour sauver l'honneur du nom.
Sur 960 fous qui ont habité nos prisons dans une: période de dix années (Stal. decenn. délie carceri, 4882), on en a compté, officiellement, c'est-à-dire en restant fort au dessous de la vérité, que 5,2 0[0 de cette espèce.
C'est, surtout, chez la femme que cette folie apparaît le plus rarement, comme le crime d'ailleurs, et pour le même motif: la prostitution y tient lieu d'équivalent; elle en est en même temps, comme une soupape de sûreté.
La rareté dans les hospices d'aliénés, l'abondance dans les prisons, prouvent, avons nous dit, quoique d'une façon indirecte, l'identité du crime et de la folie morale. Mais il y avait là, pour les aliénistes, qui ne fréquentent pas les prisons, une source d'incertitudes sur l'existence réelle de cette forme psychiatrique; plus grand encore devait être l'embarras des médecins-légistes, qui sont obligés de travailler sur des faits positifs et de démonstration facile. En outre, rien n'était plus propre à susciter des contradictions entre
les observateurs qui se sont prononcés sur la nature essentielle de certains symptômes en se préoccupant exclusivement des caractères présentés par l'un ou par l'autre dans les cas assez rares qu'ils avaient sous les yeux.
Cependant, en réunissant tous les cas les plus classiques relevés par les auteurs, nous obtiendrons un ensemble de caractères reproduisant assez bien ceux que nous avons signalés chez le criminel-né.
3. — Poids. — Sur 37 individus atteints de folie morale(i), 22, par le poids ou parla vigueur du corps, ont paru égaler ou même dépasser la moyenne normale. Nous avons fait la même observation à propos des criminels (p. 208).
4. — Crâne. — En ce qui concerne les mesures du crâne, nous sommes réduits à un petit nombre de cas, qui ne suffisent point à nous donner un critérium certain d'analogie.
Sur les 14 fous moraux cités par M. Virgilio(4), nous trouvons une moyenne de capacité crânienne de 1459 chez les femmes, 1538 chez les hommes, avec un maximum de 1693 et un minimum de 1518.
D'autre part, M. Campagne aurait trouvé, — mais en cela je crois qu'il exagère, — 12 cas sur 13 où le fou moral se distingue par le rapetissement du crâne et l'aplatissement de l'occiput. — MM. Krafft-Ebbing, Legrand du Saulle, signalent, également, la microcéphalie dans un grand nombre de cas. Il est bon de remarquer, ici, que les microcéphales, devenus adultes, se distinguent moins encore par la perte de l'intelligence que par la perversion du sens moral.
(1) Voir note (1) à page 542.