‹ L'homme criminelChapitre 264 sur 315 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

KLes livres obscènes sont moins immoraux que les traités français de philosophie.

» Un capital de 20.000 livres peut en produire en peu de temps 100.000.

)) Arrêter un homme qui, provoqué, n'a pas relevé le gant, est une chose juste.

)) Qui n'a pas de remords n'est pas coupable. Quiconque tue son fils ne commet pas de crime, s'il se tue en même temps.

» User d'expédients pour tromper sa femme est une excellente chose » (V. Documents, \if vol.).

Sandou veut que les ministres le traitent en chef de parti, puis il se contente d'une cellule dans une maison de santé: il appelle Billaut son assassin, et lui confie ensuite ses volontés dernières en le chargeant de veiller à ses funérailles.

La nommée Perino vole des bijoux avec la plus grande habileté; mais la vanité la conduit à s'en parer à l'église, sous les yeux de ses victimes.

La folie morale est un genre, dont le crime constitue une espèce. Voilà pourquoi elle peut offrir des variantes qui vont jusqu'à paraître opposés à celles qui ont été notées par les classiques. On voit des sujets, en qui les formes diverses, ou, du moins, certains symptômes des maladies mentales, se greffent sur la forme principale, qui est la folie morale, absolument comme des cryptogames poussent quelquefois sur d'autres végétaux de même espèce. Tel a été un de mes malades, Gib..., atteint de folie morale, à la suite d'une fièvre typhoïde: aux tendances les plus tranchées, au vol et à la calomnie contre ses parents, étaient venues se joindre des idées hypocondriaques; il se croyait atteint d'un écoulement dont la castration seule pourrait le guérir. Deux

autres, Bi... et. Ing..., dont j'ai déjà parlé, s'imaginaient souffrir d'une affection cardiaque et tourmentaient les médecins à ce sujet. Bien d'autres (nous le verrons) étaient épileptiques, ou hystériques, ou avaient de courts accès de fureur et de mégalomanie.

Schûle dit des fous moraux (Geist. Krankheit., 1881): <£ Fils ou petits-fils de fous, ils présentent de fréquentes anomalies du crâne, des dents, du palais, de la langue. Ils sont portés à la névrose, au somnambulisme, aux convulsions, à la folie, surtout périodique, à l'hypocondrie. Pour produire ces accidents, il suffît d'une occasion; le moment de la puberté, une maladie grave, etc. ».

La malade de Salemi-Pace , commit, avant le crime dont on l'accusait, une foule d'extravagances: elle courait par les rues sans motif; elle exigeait un jour que son mari lui apportât son traitement, bien qu'il fût malade, et, comme il n'arrivait pas, elle forçait un de ses valets à s'agenouiller devant elle sur la rue publique. Déjà auparavant, n'avait-elle pas eu l'idée bizarre de prostituer ses filles, sans aucun but de lucre et seulement pour leur procurer du plaisir, alors que les pauvres enfants résistaient avec horreur?

Sbro... se croyait poussé par Dieu lui-même au parricide et au vol; on le vit frapper des arbres avec fureur, déboucher les récipients d'huile et de vin et laisser les couler, mettre en lambeaux une chemise de sa mère et abîmer un crucifix. Dans sa prison, il écrivait et murmurait sans cesse d'affreux blasphèmes à l'adresse de Dieu et de ses juges.

Mais tout cela ne contredit en rien le diagnostic de la maladie principale; /;ar il s'agit d'une affection chronique, souvent même congénitale, qui donne lieu à des congestions cérébrales et, par suite, à des complica-

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