‹ L'homme criminelChapitre 266 sur 315 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

comme si elle lui appartenait, et chargea la domestique d'en vendre le mobilier; découvert, il s'empressa de prendre la fuite. — Sbro... et enfin Grandi, après avoir commis leurs crimes, surent longtemps se mettre à l'abri du soupçon, allant même à la recherche de leurs victimes. — La Catherine de Bonvecchiato donnait une raison pour tout ce qu'elle faisait: pour se procurer des complices de ses honteux plaisirs, elle simulait une paralysie et choisissait, pour l'assister, des nymphomanes disposées à lui complaire: elle s'était mise à la tête d'un club d'hystériques et accusait un médecin de l'avoir séduite. Convaincue de mensonge, elle se contentait de dire: « Ç'aura été une hallucination».

18. — Paresse. — Les fous moraux se distinguent, aussi, par une paresse invétérée qui les éloigne de tout travail, et qui contraste fort avec l'activité déployée par eux dans les scènes d'orgie et dans les entreprises délictueuses; c'est un nouveau point de ressemblance avec les criminels. — X. reste au lit des semaines entières, ce qui ne l'empêche pas de passer dix jours à suivre les bals ou à courir hors de sa maison. La fameuse Catherine prétextait des maladies de tout genre pour être dispensée de travailler. «En général, dit Krafft-Ebbing, ces gens-là manquent d'activité, d'énergie; quand il n'est pas question de satisfaire quelqu'un de leurs penchants déréglés, ils fuient le travail avec horreur. La mendicité, le vagabondage, voilà leur vocation ».

Rappelons à notre tour que Lemaire disait: « J'ai les chairs molles; plutôt mourir que travailler ». Le sodomiste Hog poussait la paresse au point de se soulager

dans sa gamelle pour éviter un petit dérangement; il fallait le rouer de coups pour le contraindre à se laver (V, Arc/iivio di psichiatria, i, p. 278).

49. — Activité. — Schûle, à la vérité, nous les montre étrangement irritables, faisant alterner l'activité la plus excessive avec la plus complète inertie. — Ce caractère, il est vrai, paraît en contradiction à ce qu'on observe dans les criminels; mais il n'y se manifeste que dans les premières années de la puberté, est intermittent, et manque même en beaucoup de sujets; il se trouve bien des fois chez des criminels célèbres, tels que Lacenaire, Gasparone, Alberti, qui sont arrivés souvent à une position sociale élevée.

En second lieu, leur activité ne se déploie que dans le mal. « Dans leur famille, dit M. Krafft-Ebbing, leur entêtement morose est la terreur des parents; à l'école, ils inventent, pour se faire renvoyer, des coups d'une finesse étonnaiite.

<i Travaillent-ils? on les voit devenir en peu de temps fripons, menteurs, rebelles à toute discipline, — comme, en prison, ils se refusent à tout exercice — Et dans le mal les plus mauvais sont habiles.

20. — Prétendues différences. — A regarder de près, tous les caractères que, avec une analyse pénible, les aliénistes ont fini par découvrir pour tracer une différence entre le fou-moral et le criminel-né, ne servent qu'à confirmer les analogies existant entr'eux.

M. Krafft-Ebbing signale la marche progressive de la maladie dans le fou moral. — Pourquoi ne rappellerions-nous pas à notre tour ce qu'on appelle l'échelle du crime? — « Dans l'exécution des actes impulsifs,

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