CHAPITRE XIV
» Le cai'aclére des épileptiqiies , écrit Schiile, consiste dans une extraordinaire irritabilité maladive, qui rapidement se transforme en des actes impulsifs. Ils sont des hommes capricieux, méfiants, excités contre euxmêmes et contre les autres, turbulents, mauvais voisins, d'une gaieté, souvent, dont ils ignorent la raison, et puis d'une dépression, exagérée: tour à tour humbles et avec tendances religieuses, ou orgueilleux, durs, méchants.
» Dans une certaine mesure loyaux dans le commerce, et consciencieux, ils deviennent tout-à-coup grossiers, cruels, malhonnêtes, jusqu'au vol.
■}) On ne trouve pas chez les aliénés une tendance au vol aussi fréquente, aussi manifeste que parmi les épileptiques. Ces malades volent tranquillement tout ce qu'ils peuvent attraper dans le début de l'exaltation nerveuse; ils sont à même d'accomplir le vol le plus raffiné, ou de voler par ci, par là, sans plan arrêté, dévoilant ensuite l'adresse de leurs exploits » (Id).
))Les épileptiques les plus apparemment sains d'esprit, (écrit Voisin), peuvent commettre en certains moments des actes irrésistibles par rancune etc., par les illusions trop vives qui faussent leur jugement.
» L'épilepsie gâte le caractère, engendre la perte du sens moral, l'irritabilité: elle gâte surtout l'intelligence, provoquant l'affaiblissement, la stupeur, les dépressions, les morosités, les éblouissements, les illusions» (Voisin).
En somme écrivent Fischer (Zur Lehre von Epilept. Irres, 1884) et Pick (Encyd. Epilepl.) « les contrastes, et l'immoralité, sont leurs caractères dominants; le cynique, tel jour, est religieux; le bourreau de sa femme se jette, tel autre, à ses pieds ».
<c \\s oscillent, toujours, entre les deux extrêmes. - )• C'est pour cela, dit Voisin, que la distinction des épileptiques en fous ou non fous, est un sophisme sans aucun appui pratique. A Bicêtre, j'ai constaté que sur GO épileptiques non aliénés, 4 seulement étaient intelligents; d'autre part sur 150 épileptiques fous, 22 étaient d'int,elligence au moins égale à celle de ces quatre derniers. Parmi 448 épileptiques de la ville, j'en ai trouvé 10 apparemment sains d'esprit.
;> La cause principale qui éveille le doute de l'immunité mentale chez tous les épileptiques, c'est le penchant à la colère subite, la trop grande irritabilité, les sensations trop vives qui faussent leur jugement ». « L'anesthésie, dit Thompson , qu'ils ont dans leur sens ils l'ont aussi dans le cœur ».
Les accès maniaques, si fréquents chez les épileptiques, par le caractère même de la soudaineté, de l'intermittence, de l'hallucination, de la facilité à éclater pour un rien et surtout pour la colère, expliquent, aussi, les accès maniaques des fous moraux (Dagonel) et des prisonniers. (V. s.).
La belle découverte de Magnan (Leçons sur l'épilepsie, 1880) que les épileptiques peuvent accoupler au délire maniaque un autre délire, p. ex. d'allucination et de mélancolie, explique la complication que nous trouverons, aussi souvent, du délire systématique hallucinatoire ou mélancolique parmi les détenus et les fous moraux.
Ainsi la X. de Cantarano était une piromaniaque avec inversions sexuelles, la Glaser, la Jeanneret, et la Zerbini étaient hystériques.
Pour compléter, selon notre habitude, ce tableau par des chiffres, nous donnons ci-après les résultats de Ci-