‹ L'homme criminelChapitre 284 sur 315 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

lique que ce voleui-escroc condamné \A fois et mis 23 fois sous procès, 3 fois reconnu simulateur, 9 fois mis dans un asile, qui 4 fois essaya de se suicider, que amburini a illustré (Rivista freniatrica, 1881); c'en était un autre que ce soldat, étudié par De Paoli (Ar- ^hivio di psichiatria), qui en six ans subit 12 condamnations criminelles. Et vicêversa, c'étaient des criminels tous les épileptiques fameux qui ont été illustrés: Huich par Krafft-Ebbing, Morzani par moi, R. V. par Tamburini, Hofstapfel par Liman, Meloni par Bonfigli {voir p. 509 et suiv.), (Archivio, 1881, ii). Sur 8 cas de folie morale décrit récemment par Richter (Die Bezieàungen Zwischen Geisteskr. und Verbrec/ien, 1886) je trouve 5 fois l'épilepsie, 2 fois le vertige. Les deux cas ■« type » de folie morale décrit par Tamburini, Sbro..., et Z..., avaient l'un le vertige et l'amnésie, l'autre l'ira- -scibilité sans cause, la périodicité des accès, la parenlèle avec des épileptiques.

Statistique criminelle. — L'identité du criminel-né et de l'épilepsie semble prouvée aussi par la statistique. Les études récentes de Sommer et de Knecht (Archivio di psichiatria, v, p. 148), démontrent que les épileptiques se trouvent parmi les prisonniers dans la proportion de 5 0(0 (Virgilio a trouvé le 6,3 0|0 chez les voleurs). 6r, parmi les individus normaux. Rayer compte 6 épi- 'lepliques par 1000, et Villeneuve en compte 5 sur 1000 conscrits Statistique des Bouches du Bhône, 1826). En Allemagne, Hirsch en compte 1 par 1000; en Italie, Morsclli 1,3 par 1000. Ainsi donc, les prisonniers donnent environ 10 fois plus d'épileptiques que les normaux. Clark constata le délit chez 11 0|() d'épileptiques «ommuns (Heredily and crime in epilepsy, 1880).

Sur 297 prévenus épileptiques, dont les données ont été réunis par Kra/Tl-Ebing, Legrand du SauUe, Tarnburini, Toselli, Lirnan et par moi, j'ai compté:

Homicides . . . . , . .76

Voleurs C3

Accusés de blessures, brutalités . . Al Vagabonds, fainéants .... 46 Incendiaires . . . . . .16

Déserteurs, escrocs 17

Violateurs 11

Suicides H

Rebelles, violents 5

Empoisonneurs 3

Calomniateurs 2

Richter (v. c.) remarque que, même en dehors des cas d'épilepsie larvée, les épileptiques fournissent le plus grand nombre de crimes plus graves, de meurtres, de vol avec effraction, etc.

Plusieurs des Césars étaient épileptiques: Caligula, par exemple.

8. — Epilepsie larvée. — Les accès de fureur épileptique, ou, pour mieux dire, d'équivalent psychique, par leur caractère d'instantanéité soudaine, par leur férocité inutile et exagérée, forment aux yeux de l'observateur attentif, dans une période aigûe et courte, ce que l'épileptique est normalement — une caricature du crime, de même que Tobtusion sensorielle, la stupidité momentanée qui suivent et accompagnent les accès ne sont que l'excès de l'état habituel et souvent congénital de l'épileptique.

On objectera: que la fureur épileptique, par son instantanéité, par le manque de but utile, se révèle tout de suite comme morbide, surtout par l'amnésie qui suit le fait. Mais il ne manque pas des cas où même dans

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