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CHAPITRE XIV

l'équivalent, même dans la fureur, épileptique, l'acte semble prémédité, s'accorde avec les intérêts des sujets, se prolonge longtemps, et n'exclut pas le calme, de façon à se confondre, d'une manière absolue, avec le délit. Samt, Tamburini, Bonfigli, Tosellij et, plus récemment Echeveria, prouvèrent qu'il y a des cas où l'accès psychique, même le mieux caractérisé, a été suivi du souvenir le plus net, qui s'effaça quelquefois plus tard. Voici un cas que nous fournit la Rivista di freniatria, 1878:

B., de M ans, (il a un frère voleur et des sœurs épileptiques), sujet depuis des années aux vertiges, voit en avril 1878 un chat mort dont les yeux sortaient de la tête. Il en est impressionné: ses rêves deviennent bizarres. Un jour il demande une faucille à une voisine, puis il sort et se fait accompagner de sa femme en lui prodiguant une foule de bonnes paroles; puis il roule avec elle dans un champ, et avec un caillou lui écrase la tête. Les voisins accourent: il les menaces et les poursuit en criant: « Vous êtes venus pour me dénoncer, mais je vous tuerai », Désarmé, il se calme, mais peu d'instants après il enfonce la porte des voisins , et avec des pincettes écrase la tête à une femme et à trois petites filles. Il grimpe sur le toit; prend une poutre à bras-le-corps et se laisse tomber, privé de sens, d'une hauteur de six mètres. Le jour après, il se souvenait de tout et déclarait avoir obéi à une voix qui lui criait: «Tue, tue!... ». Il est complètement analgésique (To-

SELLl).

Autre cas :

V. S. est imputé de vol. Insubordonné depuis l'enfance, mauvais sujet, somnambule à 20 ans, convulsionnaire à 22, il maltraite sa femme, commet des

TllOlSIÈME PARTIE

escroqueries, elc. Il s'éprend d'une dame, qui, ignorant son mariage, raccucille assez bien; mais ayant appris la vérité, elle l'éconduit. 11 en devient féroce; brise les meubles, écrit des insolences, menace; un matin il pénètre de vive force, armé de deux pistolets, chez cette femme, disant qu'elle lui a fait cadeau de ces armes pour qu'il la tue au cas où elle le trahirait. 11 lire sur elle et sur un domestique, la poursuit en enfonçant deux portes. Lorsqu'on l'arrête, son aspect est celui d'un homme ari'aché inopinément au sommeil. Mis sous procès, il est calme, se souvient de tout; c'est lui qui se fait accusateur. (Tamburini , Rivisla di freniatria, 1876).

Thauriot est fils d'une femme publique et d'un vieux juif sordide et violent. 11 a un père suicide et un grandpère apoplétique. H a exercé tous les métiers: soldai, libraire, sculpteur. 11 se plaint d'étourdissements et de certaines crises pendant lesquelles l'envie le prenait de tuer quelqu'un. Ces crises duraient de un à trois jours. Pendant ce temps, il lui était impossible de rester tranquille; il avait besoin de commettre quelque violence. Une fois, pendant un accès, il quitte la boutique où il était, achète un couteau, passe la nuit avec une courtisane et le lendemain prémédite de la tuer; puis s'en va, le couteau dans sa poche, résolu à tuer quelqu'un. Dans la journée, il se rend dans un auberge et pendant qu'on lui prépare le menu, il écrit que sa destinée est de finir au bagne ou sur l'échafaud, que dans peu d'instants il va frapper quelqu'un, incertain, si ce sera la servante ou la maîtresse; la servante le sert: c'est elle qu'il tue. En prison il est calme.

Envoyé à l'asile on ne découvre que plus tard, qu il avait, pendant la nuit, des accès d'épilepsie. Des témoins rapportent qu'étant garçon libraire il avait commis

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