CHAPITRE XIV
des actes sottement obscènes, causes de son renvoi. Une autre fois, il perdit connaissance près d'un fourneau et fut sur le point d'être brûlé vif (Legrand du Saulle, De l'épilepsie, 1876).
Tout dernièrement Jac. A. Bolkin, dans son étude sur V Aliénation mentale épileptique (Kovalewski, Archiv. psikhatrii, nisrologhii i sudebnoi psikho-patologhii , Kharkov) raconte le cas d'un soldat qui, en 15 mois, avait commis 16 fautes contre la discipline et autres.
La punition l'exaspérait au lieu de le corriger. Il en arriva à se jeter sur un officier, les poings levés. D'après l'instruction judiciaire, il s'agissait d'un criminel endurci. On en donnait comme preuve qu'il prétendait n'avoir gardé aucun souvenir de son dernier crime, tandis que d'autres lui étaient restés dans la mémoire. On trouvait naturel qu'il ne se rappelât pas un fait qui pouvait le <;onduire aux bagnes. Une expertise prouva que ce soldat appartenait à une famille qui, dans le cours de trois générations, avait donné 5 aliénés; dés son enfance le prévenu avait eu un caractère triste et entêté; on l'avait renvoyé de toutes les écoles. Sa famille le regardait ^omme un fléau. Plus tard l'épilepsie s'était déclarée.
Hofslapfel (Archiv. fiir Psychiatrie,Ber\in 1874), garçon •d'auberge, jouissait d'une mauvaise renommée. Agé de 19 ans, il coupe un soir le fil de la sonneltc qui fait ^communiquer sa chambre à celle de la maîtresse; puis, une lumière une main et le revolver de l'autre, il tire sur deux de ses camarades (morls plus lard de leurs blessures), cherche d'en blesseï- un troisième et dans la lutte qui s'ensuit, s'acharne sur un des premiers blessés. On le désarme: il demande de se tuer, puis se calme, s'habille avec recherche, et disparait, mais pour se rendre à la police et déclarci' d'avoir tué
deux dè ses camarades. On l'arrête, il déclare que les coups sont partis au moment où on lui arrachait l'arme des mains et que ces mêmes coups l'ont réveillé. Il dit que depuis l'enfance il est somnambule, et que la veille du fait, une voix lui avait dit: «Tire,» et qu'il en avait parlé à ses camarades. On sut plus tard qu'il s'était rendu coupable de vol et d'incendie et on le soupçonna d'avoir voulu tuer ses camarades pour pouvoir piller plus à son aise la maison.
A l'audience, il s'arrête sur des minuties et ne se souvient pas des circonstances importantes. On le taxa de simulation, malgré qu'il résultât que deux de ses oncles étaient épileptiques , une grande tante aliénée, le fil& d'un grand oncle imbécile et un autre épileptique. Il fut condamné. Plus tard, on reconnut qu'il souffrait réellement d'accès épileptiques et de somnambulisme. Le premier à le reconnaître fut Liman qui pourtant l'avait déclaré un simulateur. (Praktiches Handbuch des Gerichtlichen Medicin, von D. Karl Liman, 1876).
Meloni (Rivista di freniatria , 1878), plusieurs fois mis sous procès, fils de mère épileptique, neveu d'aliéné, après une maladie (petite vérole), à l'âge de cinq ans,, est pris de vertiges épileptiques avec courtes amnésies, pour lesquels il eut recours aux médecins. 11 devint dès lors irascible, de doux et affectueux qu'il était. Il commet des actes étranges: se jette par la fenêtre, se plonge la tête dans la neige, etc. Devenu soldat, en 40 jours de service il est continuellement puni. Un jour il abandonne sur le chemin public le panier des vivres et n'en garde aucun souvenir. Plus tard, il se fait marchand, s'adonne à l'ivrognerie, devient brutal, peutêtre voleur, se fait aimer des uns, haïr des autres.