CHAPITRE XIV
commet des actes de folie pour une femme qu'après trois jours il roue de coups et méprise sans raison. Le 27 mai il s'enivre; peut-être aussi le 28. Ce jour-là, il est à la taverne. Un nommé Gononi se plaint de sa sœur, sans qu'il s'en ressente le moins du monde. Plus tard, il est surpris à bougonner: il dit qu'il veut le tuer et montre un couteau préparé pour cela: aussitôt qu'il l'aperçoit il le poursuit, le frappe, et s'enfuit dans les «hamps et y passe la nuit. A son réveil, il a tout oublié. Mais lorsqu'il apprend que G. est mort, il va se livrer. Il avoue le crime, en reconstitue les précédents et proteste qu'il portait le couteau sur lui par pur hasard et que le crime n'était nullement prémédité.
Un an plus tard , en prison , il est pris d'un accès de manie avec vertiges. Il ne se souvient plus de rien. Il sait qu'il est l'auteur de la mort de Gononi, parcequ'on Je lui a dit.
Une nuit il est pris d'un accès d'épilepsie furieuse; il se jette sur les infirmiers; ses pupilles sont dilatées el insensibles. Le matin, il a les souvenirs clairs; dans le jour, il a tout oublié. (Bonfigli, 1879).
On voit qu'il n'y a, ici, qu'une amnésie intermitlante.
Misdea, est un soldat de 22 ans, qui sait lire; son aïeul est peu intelligent, 2 oncles sont imbéciles, un autre bizarre et irascible, et 1 dernier meurtrier mort aux galères, 3 cousins sont imbéciles et 1 fou. Son père ivrogne, bizarre, irascible, est marié à une femme hystérique qui a 1 frère brigand et un autre voleur. Des 5 frères: 2 sont irascibles, 1 épileptique, ivrogne, condamné pour coups, a déjà un fils condamné pour viol.
Misdea a une taille de m. i,63, il pèse 59 kilogr., il a des cheveux épais, des poils abondants, des cicatrices aux bras et sur le crâne, dont une adhérente.
Sa tête offre (V. Atlas Plan, vii*^), dans sa partie antérieure, la forme d'une carène avec saillie à la bosse frontale droite et à l'occipital gauche, brusque applatissement de la région pariéto-frontale gauche, excavation à la base du front, et sténocrotaphie; pommettes énormes, la droite plus développée; léger strabisme convergent à gauche.
Il accuse de violentes douleurs de tête: quand il est contrarié, il éprouve des spasmes, et des rougeurs à la face et aux yeux , lorsque on réveille chez lui certaines pensées de haine.
A 16, à 19 ans, il a été condamné pour coups et blessures, pour vol, puis pour port et usage d'arme.
Au régiment, il a subi cinq punitions, dont deux pour insubordination.
Il a été souvent malade: de février 1883 à mars 1884, il a été neuf fois à l'hôpital pour des vertiges. Il passait dans son pays pour un être étrange, hypocondriaque, un peu fou.
L'affectivité est à peu-près nulle chez lui, ou au moins intermittente: s'il s'attendrit dans sa prison, en pensant au chagrin qu'il va causer à sa mère, et dans d'autres moments , il dira qu'il n'a aucune affection : il a des haines sans cause, il prétend aimer ses compagnons, mais il leur mangerait le foie à la moindre contrariété; après ses meurtres, il nourrit encore des sentiments de vengeance contre ses victimes.
Son intelligence est bornée, sa mémoire faible; il est verbeux, illogique, incapable de s'élever à une conception abstraite; il est dissimulé dans sa défense, quand il ne se laisse pas entraîner par ses impulsions.
Profondément paresseux, il ne souffre pas d'être en prison: «Il y pourra dormir à l'aise: » il avoue qu'il