‹ L'homme criminelChapitre 290 sur 315 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Il améliora avec le traitement antialcoolique, mais il ne se rappela jamais de l'accident. — (1 prétendait avoir souffert de vertiges, de crampes, mais sa femme et ses amis le niaient. Une fois pourtant il eut un accès dans l'asile où il était en observation, mais on le soupçonna de simulation. Ramené en prison, il fut pris en décembre d'une série d'accès épileptiques si clairs et si nombreux, que le doute ne fut plus possible: il en mourut.

Il y eut, tout de même, chez plusieurs médecins le soupçon qu'il pouvait avoir simulé l'amnésie. (Cenlralblatt, 1884).

Cette ignorance des accès lient à plusieurs causes. «Bien souvent (écrit Trousseau) les accès épileptiques, surtout au début, arrivent la nuit, de sorte qu'on pourrait en être frappé pendant 8 ou 10 ans sans le savoir; et il y a des accès incomplets qui sont ignorés toute la vie » (Clinique médicale, 1868).

C'est justement pour cela que tous admeltent cette forme spéciale d'épilepsie, tout-à-fait exempte de convulsions, qui consiste en absences et vertiges, ou en penchants violents vénériens et.au vol.

Obscénité: Tels sont certains actes obscènes ou cruels, commis d'emblée par des gens honnêtes.

Kiernon nous parle de P..., très-honnête homme, qui deux ou trois fois dans l'année , et pour une durée de 8 à 14 jours, était pris d'accès de fureur, de dystimie et de penchants pédérastiques; et d'une dame, dont l'âge critique fut accompagné de vertiges, d'accès épileptiques, et de penchants criminels pour un petit enfant (Archiv. psychiatrie, xvi).

Récemment Tarnowsky (Messager de 'psychiatrie, Saint Pétersbourg, 1884) nous présente des cas de vertiges

épileptiques qui se manifestèrent par des étranges, intermittentes lubricités (se faire battre, masturber oralement, etc., par des prostituées) chez des hommes honnêtes qui prévoyaient toujours l'approche de l'accès; il cite, aussi, l'exemple d'un jeune homme qu'on a reconnu après épileptique, qui allant visiter sa maîtresse et ne la trouvant pas à la maison, se jeta sur un garçon de 17 ans pour le violer; la femme de chambre, accourue aux cris, en fut renversée et violée à son tour; il se coucha ensuite et dormit 12 heures, en oubliant tout au réveil , hormis ce dernier coït.

Un autre, étudié par Kowalewsky, après 8 jours de dépression, demande, d'emblée, à une amie de sa femme et sous les yeux de celle-ci, de se donner à lui: sur son refus, il s'adresse à sa femme, qui, de même le repousse. Il tombe alors à terre, devient furieux, déchire ses habits et menace, avec de l'eau bouillante, fOus les voisins, et finit pour en brûler son enfant: quelques années après l'épilepsie se déclara.

Après ces données, et après l'étude des cas de cannibalisme, chez les épileptiques, il n'est pas douteux que c'était bien un épileptique que ce Bertrand, qui cherchait, par périodes, la volupté dans la putréfaction, en mutilant les cadavres des femmes, jeunes ou vieilles qu'elles fussent, et qui, pendant ces accès, était dans un état convulsif et dans une complète anésthésie (Mo- REAu, Aberrations du sens génésique, 1884., p. 240), et plus sûrement l'étaient Verzeni (1) et Garayo.

Verzeni, jeune homme de 17 ans, avec asymétrie crânienne et faciale, de mœurs douces jusqu'alors, quoique

(1) Voii' vol. in.

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