CHAPITRE XIV
d'une famille de crélins et de pélagrcux, essaya, en certaines époques de l'année, en 1872 d'étrangler 7 femmes et il en découpa deux en morceaux, en éparpillant les entrailles et même des lambeaux de chairs; il m'avoua que l'étreinte du cou et surtout la mutilation des cadavres, les morsures et les succions du sang, lui faisaient éprouver le maximum de la jouissance vénérienne: dans ces moments il se sentait une force énorme et il ne voyait plus rien; il eût des amnésies.
Garayo, fils d'ivrognes, devenu tout-à-coup vertigineux après un traumatisme à la tête et à la suite d'un mariage malheureux, d'honnête et doux qu'il était, se mit, soudain, à étrangler des femmes, la plupart de vieilles filles, pour en jouir. Il en blessa 7, en tua 6; souvent il enfonçait tantôt une épingle dans la poitrine de ses victimes, tantôt les piquait à coups redoublés avec la pointe d'un couteau, et d'autres, il en éventrait les cadavres et il en arrachait les entrailles, en détachait des lambeaux pour les manger et tout cela dans certains périodes de l'année (printemps et hiver).
Dans ces cas, nous trouvons les preuves de l'épilepsie larvée dans les vertiges, dans les caractères physiques, dans l'hérédité alcoolique, dans le penchant à remplacer le coït avec le démembrement, avec le cannibalisme — • dans les contrastes frappants entre la vie antérieure — ■ dans la périodicité constante des accès.
Magnan note un cas de délire épileplique chez un ftndividu qui n'éprouva jamais de convulsions, mais qui avait de tels altérations intermittentes qu'on pouvait suspecter l'épilepsie. Une nuit il se leva et, malgré les prières de sa mère qui l'en dissuadait, il s'en alla, à moitié nu, dans la rue, un couteau à la main, et tua
des passants. 11 demeura étonné pendant six jours, et il oublia tout après : on sut qu'il n'avait jamais souffert de convulsions, mais que par moments, il sortait de la maison, restait dehors deux jours, cl rentrait api'ès chez lui, harassé de fatigue et inconscient de ce qu'il avait fait.
Preganô de Girifalco, âgé de 52 ans, paysan, d'un bon développement squelétrique, avec crâne scaphoïde, et plagiocéphalie, sinus frontaux énormes, asymétrie laciale, nez dévié à droite, oreilles à anse, sensibilité tactile obtuse, 5 mm. à droite, 6 à gauche, plutôt sourd, d'une extraordinaire sensibilité olfactive, avec deux frères fous, n'a jamais souffert d'accès convulsifs épileptiques. Soucieux de ses pratiques religieuses, on l'aurait dit un chrétien modèle; et pourtant il tua, certainement trois et probablement quatre de ses enfants. Il était le commis d'un pharmacien débaucheur et iramoral, et, à ce qu'on en dit, il l'aida à se débarrasser de sa femme par le poison.
Un fîls de ce dernier, dans un accès de folie, ayant essayé de tuer son père, Preganô en l'ut (dit-il) trèsfi'appé. Le pharmacien mourut, aussi, après une certaine potion qu'il lui administra, dans l'espoir d'en hériter; mais déçu de l'attente, il se mit à travailler comme paysan, songeant toujours à la tragédie dont il avait été témoin, et à la charge pénible qui lui venait de ses enfants. Le jour de Pâques, il emmena ses fils près d'un bassin, où il travaillait, s'amusant avec leur. Toutà-coup, il se sentit (dit-il) le sang aller de la tête aux pieds, vit les arbres et les montagnes tournoyer, se rappela la scène du fils du pharmacien, se jeta avec ses enfants dans le bassin, puis il sortit, il on repêcha