CHAPITRE XIY
l'épilepsie en provoque une bien plus constante; et cela parceque les premières à s'efîacer sont toujours les fonctions qui se manifestent plus tard dans l'organisme mental de l'humanité.
Si une lésion du cerveau enlève la propriété de reconnaître les couleurs , la première couleur qui s'efface c'est justement la dernière à paraître dans l'évolution du cerveau; le sens moral, qu'y parait aussi le dernier, est le premier à s'évanouir dans son infirmité.
Que l'atavisme des épileptiques y soit plus constant, et plus complet que dans toutes les autres maladies mentales, c'est ce qu'on conçoit très-vile, si on se rapporte à l'étrange religiosité de ces gens, au cannibalisme et a bien d'autres caractères de l'animalité.
Gowers, après avoir noté certains actes étranges des épileptiques, comme manger de la chair humaine, boire du sang, croquer, vivants, des animaux avec leur poil, aboyer, mordre, miauler, etc., ajoute: «On dirait qu'il y a là les manifestations de cette instinctive animalité que nous possédons à l'état latent (Epilepsy, 1880, Londres).
Confession précieuse de la part d'un praticien, qui n'avait la moindre idée de ces théories.
L'épilepsie ne nous fait pas perdre non plus le trait d'union, que nous avons trouvé entre la folie morale et l'enfance, car elle fut justement appelée maladie de l'enfance, morbus primée infantiœ; Cividalli et Amati, sur 120 épileptiques, en trouvèrent 78 frappés dans leur première enfance: la passion aussi en faveur et contre les animaux, la manie de destruction des objets inanimés est bien propre des enûmts, ainsi que des fous moraux. Ajoutons-y la moindre sensibilité, l'amnésie (i)
(1) Voir Ferez, L'enfant de trois à sept ans, Paria, 1886.
el les emportements de colère aussi souvent remarqués dans les uns que chez les autres.
Différences. — La variété criminelle, à son tour, bien que par beaucoup de diramations elle se rapproche de l'épilepsie ordinaire et lui ressemble, nous présente, pourtant, pas mal de différences: dans le crâne, p. ex,, elle présente les os wormiens moins fréquents, ainsi que la microcéphalie frontale, ce dont on a l'explication dans le fait que dans la folie morale les plus frappés ce ne sont pas les circonvolutions pariétales, mais les frontales (voir page 626).
Le véritable épileptique présente, au surplus, moins d'acuité visuelle, tandis que la plupart des criminels l'ont supérieure aux normaux (1), et selon les dernières études, il a, après la crise, l'augmentation termique plus fréquente; il donnerait, selon Charcot, 38 et même 41° (2), tandis que dans les criminels on ne dépasse jamais les 37,2, 37,5.
Les criminels nous offriraient aussi une plus fréquente exacerbation pendant les grandes chaleurs , tandis que, selon les études de Lachi (L'influence des météores sur Vépilepsie, 4882), les épileptiques convulsifs ont les accès plus fréquents dans les jours froids: ils auraient aussi les reprises plus fortes et plus saillants les contrastes entre les accès, et une plus grande asymétrie crânienne, thoracique, etc., et une latéralité bien plus exagérée, et moins de vanité, el plus de cruauté et d'irascibilité; et dans l'étiologie de l'épilepsie la peur lient une place bien plus grande que dans celle de la criminalité.
(1) Voir note précédente page 589.
(2) Herdz, Ucbev den Status epilepticm , 1877, trouva 39,3 trois jours -après l'accès.