‹ L'homme criminelChapitre 300 sur 315 · CHAPITRE XIV OOÎ · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV OOÎ

Le caractère différentiel réside, surtout, dans l'exagération des lignes: de même que la folie morale se fond avec la criminalité innée, (en cela seul différente qu'elle en est une exagération), ainsi le criminel épileplique proprement dit, qui continue chroniquement les férocités des accès aigus ou larvés, nous présente l'exagération de la folie morale; mais dans les périodes moins prononcés elles se fondent ensemble. Etcomme deux choses égales à une troisième sont égales entr'elles, il est hors de doute que la criminalité-innée et la folie morale ne sont que des variantes de l'épilepsie; elles sont, comme dirait Griesinger, des états épileptoïdes (1).

C'est là que, à notre insu, nous aboutissions continuellement en constatant d'aussi nombreux phénomènes pathologiques qui s'additionnaient aux atavistiques pour former le type du criminel.

Et il est bon de remarquer que l'épileplique dans les cas moins fréquents où il y a seulement émotivité exagérée sans penchants mauvais et sans caractères dégénératifs, (16 0|o), nous offre un trait d'union avec les criminels par passion dont nous parlerons dans le deuxième volume, lesquels, d'autre part, n'auraient aucune autre analogie avec la folie morale.

(1) Je résume mes idées, pour plus de clarté, dans ces lignes graphiques:

Epileptoïdes

V degré — Epllepsie larvée. — 5' degré — Criminel par passion.

2» id. — Epilepsie chronique. — 6" id. — Criminel d'occasion,

3" id. — Fou-moral. — et d'habitude.

4« id. — Criminel-ué. —

CFIAPITRE XV

Force irrésistible.

1. — La perversion de l'affectivité, la haine exagérée et sans cause, l'absence ou l'insuffisance de tout frein, les tendances héréditaires multiples, sont la source des impulsions irrésistibles chez le fou moral, aussi bien que chez le criminel-né et chez l'épileptique.

Ils ont, écrit Schûle à propos des premiers, un fond d'irritabilité prompt à éclater comme un volcan; — ils ne peuvent commander à leur volonté, ils suivent les impulsions de la jalousie, de la sensualité, sans y pouvoir résister; — ils sont ingrats, impatients, tirent vanité de leurs plus mauvaises actions.

Pinel parle ainsi d'un fou moral , qu'une mauvaise éducation avait habitué à se livrer à tous les excès : « 11 tue les chevaux qui ne lui conviennent pas, frappe à coups de canne ses adversaires politiques; une dame l'ayant contrarié, il a trouvé tout naturel de la précipiter dans un puits ».

Les motifs les plus futiles, dit M. Tamburini à propos de Sbro..., quand ils font obstacle à l'accomplissement de ses désirs, suffisent pour le jeter dans des accès de colère pendant lesquels il ne se connaît plus. — On le dirait un enfant qui ne voit pas de proportion entre la réaction et le motif qui la provoque. — A-t-il quelque raison, la plus faible du monde, pour haïr quelqu'un? aussitôt il se sent entraîné irrésistiblement à le tuer. A peine un blasphème lui vient-il aux lèvres, qu'il se sent forcé de le répéter des centaines de fois.

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