‹ L'homme criminelChapitre 305 sur 315 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

livres sterling ». Mais il ne se contenta pas d'en acheter, il en vola, aussi, quelques-uns, à un libraire de Londres, et fut condamné à deux ans de prison.

Le berger Légier, qui vivait seul au milieu des rochers, et dans une continence absolue, saisit un jour, sous le coup d'une impulsion irrésistible, un enfant qui passait dans le bois où il se trouvait, lui arracha les entrailles, le souilla et s'abreuva de son sang, jk . M. Tarchini-Bonfanti m'a raconté le cas d'un soldat ^ allemand qui, après avoir violé trois femmes, leur déchira avec les doigts le périnée de façon à ne faire qu'un seul cloaque du vagin et de l'anus. — M. Tardieu parle d'un débauché, véritable brute, qui, irrité de la résistance que lui opposait une femme de soixante ans, lui enfonça les mains dans le vagin et lui arracha les entrailles; on en voyait des lambeaux sur la voie publique. — Gilles de Retz, maréchal de France, aimait à contempler les convulsions des agonisants; il tua, pour satisfaire ses infâmes passions, plus de 800 enfants. Chez lui, la folie de la luxure s'alliait à une teinte bizarre de religion. 11 avoua que, s'il s'était trouvé à la cour, il aurait attenté à la vie du Dauphin lui-même. P Le marquis de Sade se plaisait à faire déshabiller des filles publiques, à les fouetter jusqu'au sang, puis à panser leurs blessures. Il s'était fait une sorte d'idéal de ce mélange de luxure et de cruauté; il érigeait sa conduite en apostolat.

M. Brière de Boismont cite un capitaine qui obligeait sa maîtresse à s'appliquer des sangsues aux parties honteuses toutes les fois qu'il l'approchait; la malheureuse finit par devenir complètement anémique et l'on dut la conduire à l'hospice. Le même auteur raconte que le marquis de S... faisait lier par ses gens une fille de

joie, lui criblait le corps de blessures, spécialement près des parties honteuses, et se mettait en devoir de la violer quand il la voyait évanouie.

L'avocat Carrara a défendu en justice un certain II... qui, en plein jour et coram populo, avait renversé et violé, sur la place publique, trois femmes sortant de l'église. Le coupable fut laissé libre sons la surveillance de son père; mais, l'année suivante, à la même époque, il coupa la tête d'un chat et la mit dans une marmite. On l'enferma pour quelques jours, puis on le relâcha. L'année d'après encore, et toujours à la même époque, il eut un court accès de délire, puis il se rendit en Corse où, au bout d'un an, il se fit condamner pour viol et homicide.

Tous ces malheureux ont été condamnés comme coupables.— Qui ne voit, cependant que, dans leur cerveau, le crime se trouvait confondu avec la forme impulsive de la folie morale, et de l'épilepsie larvée?

4. — Entendons-nous, pourtant. Je ne veux pas dire qu'à l'état normal la volonté soit libre, comme le pensent les métaphysiciens; — mais, en cet état, les actes sont déterminés par des motifs, des désirs qui ne sont pas en opposition avec le bien-être social. — Ces mauvais instincts, quand ils se font jour, sont plus ou moins réfrénés par d'autres mobiles, amour de la louange, crainte du châtiment, de la honte, de l'église; ou par l'hérédité, ou encore par de bonnes habitudes dues à une incessante gymnastique de l'esprit. — Tous ces motifs restent sans influence sur le fou moral et sur le criminel-né, et voilà pourquoi ceux-ci fournissent la cote raaxima des récidives.

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