CHAPITRE XVI
Résumé de la troisième partie et de l'ouvrage.
1. — Résiimé. — Les études qui forment la troisième partie de ce volume s'accordent admirablement avec celles qui ont été développées clans la seconde, pour nous faire voir dans le criminel l'homme sauvage et en même temps l'homme malade.
Nous trouvons, en effet, en tête des caractères dislinclifs, le tatouage, plus fréquent chez les mineurs que chez les adultes (la proportion est de 34 h 10), plus fréquent aussi chez les récidivistes (20 0[o), les hommes de sang (20 0[o), les voleurs (14 0[o), que chez les escrocs (11 0[o). Ce tatouage, avec ses formes obscènes, sa diffusion par tout le corps, la vanité qu'il dénote, nous fait entrevoir une grande insensibilité au moral et plus grande encore au physique, en môme temps qu'il nous rappelle les habitudes tout-à-fait analogues des peuplades sauvages (1).
L'esthésiomètre et l'algomètre électrique nous ont prouvé, de la façon la plus précise, que la sensibilité à la douleur diminue dans le rapport de 34 à 49 mm,, surtout au côté droit, et que le tact s'émoussc plus fortement à droite, avec une cote supérieure de parité (54 à 51 0|0). Or, c'est là un signe d'infériorité aux yeux de quiconque veut se rappeler que toute asymétrie est un signe d'évolution (Delaunay).
(1) Voir rétrange obscénité des tatoiinges clans la planclie xxxii , liont mon ami Boselli m'a fait cadeau et qu'il a trouvé sur des soldats criminels.
thoisième partie
On a remarqué aussi que, chez les criminels, l'acuité visuelle était plus forte à gauche, contrairement à ce qui a lieu à l'étal normal; et, chose curieuse, pendantque leur sensibilité s'émousse dans toutes les autres parties du corps, ici elle progresse et est deux fois plus vive que chez les honnêtes gens. Ce fait, joint à un autre qui s'y rattache étroitement, la grande capacité de l'orbite, rappelle absolument les sauvages, comme les rappellent peut-être aussi le grand nombre de daltoniques que l'on rencontre^ parmi eux, et leur sensibilité plus vive à l'aimant et aux météores (1).
Importante et curieuse aussi est l'anomalie fréquemment causée par la faiblesse des réflexes tendineux (23 0[o), et par leur exagération (16 Oiq), plus remarquable chez les voleurs de grand chemin et les escrocs, moins chez les voleurs. Ce fait se rencontre uni à la fréquence des spasmes musculaires, de la chorée, de l'ataxie, de l'épilepsie; la meilleure preuve en est que les condamnés épileptiques sont ceux qui nous ontfoui ni le contingent le plus considérable d'absence de réflexes. Ici ce n'est plus l'atavisme qui se trouve en cause; c'est une maladie bien caractérisée des centres corticaux.
L'étude dynamométrique est, aussi, de grande importance. Non qu'elle nous donne une idée de l'agilité particulière (2), souvent simiesque, dont ils sont doués pour
(1) Maggiorani a constaté que les zoiilus, comme les bêtes sauvages, tigres, lions, etc., étaient extrêmement sensibles à l'action de l'aimant. — Dans le livre qui a pour titre Pensievo e météore (Bibl. internat., 1878, p. 45-53), j'ai établi que les animaux d'ordre inférieur, ainsi que les fous, sont plus sensibles que les autres à l'action météorique, et qu'ils la pressentent souvent deux ou trois jours d'avance.
(2) Nous savons aujourd'hui, par M. Lindau, que les voleurs de Berlin ont un club d'athlètes, oîi ils donnent des représentations d'acrobatie (Nunl und Stid, 1883).