‹ L'homme criminelChapitre 310 sur 315 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

pari, les impulsions cl les idées fixes qui, dans leur bizarrerie sans bornes, ne laissent plus entrevoir aucune «onnexité avec l'atavisme.

Ainsi s'explique l'infinie variété des formes que revêlent la criminalité et la folie morale, selon qui est compromise l'une ou l'autre des régions de l'organisme, surtout des centres corticaux — tandis que les autres lie subissent aucune modification, du moins appréciable. -Comme me l'ont appris mes études sur la fossette occipitale moyenne dans les races sauvages (v. s. p. "188, et mon Archivio, iv, p. 507), et sur le mancinisme dans la nôtre, si, en règle générale, les anomalies alavistiques sont souvent accouplées, il y en a cependant quelquesunes qui restent isolées dans certaines races, chez certains individus très-avancés dans leur développement et n'oITrant pas d'autre anomalie (1). — D'autre pari, on peut ne pas en rencontrer dans les races inférieures. De là une sorte de mosaïque ne laissant pas facilement entrevoir comment tout aboutit à un arrêt de développement, alors même qu'il se rencontre des conditions , comme, par ex., une intelligence ouverte, une taille élevée, un poids normal ou même extraordinaire, — qui sembleraient établir clairement le contraire.

Partant de là, nous comprendrons, sans peine, pourquoi cei'tains caractères biologiques, alavistiques, Irès- ■singuliers, se rencontrent, plus chez des criminels (p. ex.

(1) Par exemple l'os de VInca et la fossette occipitale moyenne qui se rencontrent, fort souvent, chez les Américains et presque jamais chez les Xoirs. Ceux-ci, au contraire, se distinguent par rai)nphyse temporelle <lu frontal, qui manque presque toujours aux Américains (V. Revue scientifique , 1883). Nous avons souvent rencontré, chez des gens lioniiêtes comme chez des scélérats, le mauciuisnie moteur et le nianciuisme sensoriel iadjpemlants l'uu de l'autre.

le mancinisme chez les escrocs) qui n'ont presque aucune anomalie anatomique, et pourquoi la perte de l'affectivité, caractère saillant du fou moral et du criminel-né, peut se rencontrer sans lésion apparente de l'intelligence.

C'est le phénomène de la colonie linéaire, qui laisse une trace dans les fonctions aussi bien que dans les tissus du délinquant, et grâce à laquelle une anomalie seule, isolée, peut, en certains cas, tenir la même place que beaucoup d'autres réunies, et se manifester en leur absence. Grâce à elle, on peut trouver des variétés (l'œuvre de Marro nous les a précisées) aussi grandes parmi les espèces des criminels que entre ceux-ci et les normaux.

5. — Atavisme du crime. — L'arrêt de développement, et l'état épileptoïde peuvent tres-bien concilier la maladie avec l'atavisme, qui malgré la maladie, ou plutôt d'accord avec elle, reste un des caractères les plus constants du criminel-né. Quiconque a parcouru ce livre aura pu se convaincre que le plus grand nombre des caractères de l'homme sauvage se retrouvent chez le malfaiteur. Tels seraient, par exemple, la rareté des poils, l'étroitesse du front, le développement exagéré des sinus frontaux, la fréquence plus grande des sutures medio-frontales, de la fossette occipitale moyenne, des os wormiens, surtout des épactaux, les synostoscs précoces, particulièrement au front, la saillie de la ligne arcuée du temporal (1), la simplicité des sutures, l'épaisseur plus grande de la boîte du crâne, le développement disproportionné des mâchoires et des pommettes, le prognatisme, l'obliquité et la capacité plus grande de l'orbite et de l'aire du trou occipital; la prééminence

(1) Et son approcliement. Voir Pl. xxix, A,B, crâne de voleur étudié p<ar Aniadci.

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