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PRINCIPES DE LA PEINE

D'après tout ce qui précède, on peut déjà entrevoir quelle a été l'origine des peines: elles résultent de l'abus même du mal, et aussi des crimes nouveaux qui peu à peu se sont manifestés.

Comme, dans les premiers temps, on n'avait aucune idée du crime, on ne songeait nullement à une sanction pénale. La vengeance n'était pas seulement permise; on la considérait comme un devoir.

2. — Vengeance privée. — Les Arabes Bédouins ne souffrent pas que l'homicide soit puni par le souverain:

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ils vculcnl lui faiie eux-mêmes la guerre, à lui, à sa famille; ils veulent frapper qui il leur plaira, et même le chef de la famille, fût-il de tous points innocent. • — Les Abyssins, de nos jours encore, abandonnent le meurtrier au plus proche parent de la victime, afin qu'il puisse le punir à son gré. — Chez les Kourdcs, si personne ne se plaint d'un meurtre, le crime reste t)rdinairement impuni: ce sont les voisins qui doivent en demander et en obtenir réparation; mais il est plus honorable de se venger soi-même que d'avoir recours aux tribunaux. (Letourneau).

Chez les Kourankos, l'homicide est puni de mort; mais le condamné peut toujours se racheter en indemnisant les parents et les amis du niort; l'affaire est regardée comme toute privée, et personne ne songe à l'intérêt social. Cette conception si rudimenlaire de la justice existe un peu partout dans l'Afrique centrale. H n'y a pas crime, mais seulement dommage causé au chef ou à un particulier.

Les Australiens sentent très-fortement la passion de la vengeance; ils la satisfont indifféremment sur le premier venu de la tribu à laquelle appartient l'offenseur. Si, par exemple, un indigène a reçu une injure d'un blanc, il lui suffit de se venger sur un blanc, quel qu'il soit. Nous avons déjà vu plus haut comment pour eux toute mort résulte d'un maléfice et doit être vengée; de là, une série non interrompue de devoirs sanguinaires, qui sont fortement sentis.

Chacun réagissait par lui-même et appliquait une sanction pénale; plus tard seulement, il s'entendit pour •cela avec sa tribu. La vengeance à laquelle aboutissait celte réaction devenait un devoir religieux et civique.

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