CHAPITRE
obscure, il n'acceptait pas le châtiment, se regardait comme injustement puni, et poussait des cris de rage,
La douleur causée par le châtiment varie donc chez les enfants, selon les personnes qui le leur infligent et qu'ils ont offensées. Nous avons fait la même observation sur les sauvages. (Cii. ii).
En somme l'idée de justice, de propriété, fait son apparition chez l'enfant quand celui-ci a éprouvé im& perte, ou quand il a entendu dire que telle ou telle' chose est mauvaise. Il déteste, en général, l'injustice, surtout quand il en souffre lui-même; pour lui elle ne consiste que dans un désaccord entre la manière habituelle dont il est traité et ce qui lui arrive accidentellement.
Qu'une circonstance nouvelle se présente, il sera plein d'incertitude. C'est ainsi qu'un enfant, transporté de la maison de sa mère chez le docteur Pérez, modifia ses habitudes en changeant de milieu. Il commença à manifester ses exigences en poussant des cris furieux; il n'obéissait qu'au seul maître de la maison.
Le sens moral est, donc, une des facultés les plus susceptibles d'être modifiées par le milieu moral.
La notion du bien et du mal, qui en est le germe intellectuel, ne se constate pas avant l'âge de six à sept mois; le sens moral s'accuse pour la première foisquand le sujet comprend certaines attitudes, certaines inflexions de voix qui ont un but de répression, quand il commence à obéir par peur ou par habitude.
L'intérêt, l'amour propre, la passion, le développement de l'intelligence et de la réflexion établissent avec précision la distinction du bien et du mal. La sympathie, la force de l'exemple, la peur des reproches, y contribuent peut-être plus encore. C'est de tous ces é'ié-
l'HEMlÈHE PARTIE
J'ai VU, dit le docteur Blatin, d'ingénieux petits drôles jouer au volant avec de jeunes lapins, qu'ils se renvoyaient gaiement de l'un à l'autre à coups de raquette. (Blatin, Nos cruautés envers les animaux, page 414).
Au mois de juillet 1865, dans l'arène de Mont-de- Marsan, on a vu des enfants de dix ans s'acharner contre des taureaux à moitié morts, et les achever à coups d'épée.
A Murcie, en Espagne, on a vu des jeunes filles descendre dans l'arène et remplir l'office du Matador.
8. — Paresse, oisiveté. — Un autre trait de ressemblance entre l'enfant et le criminel-né est une certaine paresse d'esprit qui n'exclut pas l'activité pour les plaisirs et les jeux. Ils se refusent à un travail soutenu , et par dessus tout à un travail nouveau et pour lequel ils ne se sentent pas d'aptitude, — Lorsque, contraints à l'étude, ils ont rempli une certaine tache, ils la reprendraient volontiers, mais ils se refusent à toute autre ,par suite de cette même loi d'inertie qui les porte à ne pas changer d'appartement et à ne pas faire de nouvelles connaissances: c'est que notre intelligence souffre de toute sensation nouvelle un peu forte, tandis que les anciennes lui procurent du plaisir. Quelquefois vient s'ajouter la paresse du corps, et elle est telle parfois qu'ils n'hésitent pas à salir leur couche pour éviter la peine de se lever. — C'est là un contraste, mais non une contradiction, avec cette tendance à changer continuellement de place, à poursuivre de nouveaux amusements, à rechercher la société de nombreux compagnons sans qu'il y ait pour cela une grande affection mutuelle; mais on veut faire ensemble des orgies de gestes et de mots,