CHAPITRE
il fréqiienlait déjà les maisons mal famées. 11 subit six condamnations pour vol. Son frère était un voleur, sa mère une criminelle, sa sœur se livrait à la prostitution. Il avait des sentiments religieux, fréquentait tout au moins les églises. D'ailleurs, il ne dit rien à son confesseur du crime qu'il avait commis (1).
8. — Mainero était un garçon de physionomie précoce, mais peu développé quant au reste du corps, si bien qu'à douze ans il en paraissait six. On pouvait donner son signalement ainsi qu'il suit: taille 1,24, circonférence crânienne 0,490, index céphalique 80, oreilles à anse, pommettes saillantes, regard très-vif; à huit ans il commença de voler; neveu d'un assassin, il se vantait d'avoir accompagné son oncle dans ses expéditions, d'avoir organisé des bandes pour dévaliser les troncs des églises et les poulaillers, et d'avoir souvent dérobé la part de ses petits complices, qui, pour se venger, le dénoncèrent (1).
9. — L. B., de Gênes, a le crâne large, le front étroit; il porte sur les bras un tatouage avec ces mots: Mort aux lâches et vive la solidarité! Dès huit ans, il faisait le métier de coupe-bourse. Il a sept frères , dont trois sont en prison (1).
10. — Un certain G., de famille honnête, était prognate et oxycéphale. A sept ans il commettait déjà des vols à l'école, dépouillant jusqu'à ses maîtres. Il a^ait réussi devant la police, à accuser ses parents de mauvais traitements pour les faire incarcérer; il a encore un« sœur qui est querelleuse et portée au vol (1).
(1) Memorie del laborat. di med. légale, prof. Woso,lS83,Tor.u3o.
l'HEMIÈRIi l'AIlTlE
11. — L. P., un garçon qui à dix-neuf ans se montra un si habile fripon , qu'il fut poursuivi pour vol et tentative de meurtre, était d'une parfaite apathie morale; il avait la taille élevée, la tête étroite et allongée, sans barbe, avec un nez disproportionné et crochu. Son père était alcoolique, sa mère débauchée, son grand père maternel s'était suicidé. A trois ans, allant au marché avec les domestiques, il volait déjà dans les paniers de l'argent, des fruits, des poissons.
12. — Le brigand anthropophage F. Salvatore, de Catane, qui à trois reprises se fit passer pour fou, m'a laissé un mémoire manuscrit où il raconte comment, à six ans déjà, il volait des vivres à ses parents pour régaler ses camarades; et plus tard, à neuf ans, parvenait à soustraire des fromages entiers dans une hôtellerie; en luttant' par jeu avec un ami, il lui déchira un bout d'oreille; et pourtant son père était un parfait honnête homme, qui le bâtonnait souvent pour le corriger. Cela ne l'empêcha pas d'ailleurs, à quatorze ans , de porter un violent coup de couteau à un compagnon de jeu. Il se servait de fausses clés pour dérober de l'argent à son père. A dix-neuf ans il tua un homme.
13. — J'ai connu une famille, où la mère était hystérique et d'une grande intelligence, le père très-intelligent aussi, mais d'humeur bizarre et fatigué par un travail excessif; il y avait, enfin, deux oncles, l'un doué d'un grand esprit, l'autre aliéné. De cette famille étaient issus quatre fils: l'un fut d'une honnêteté parfaite, le second, extrêmement lascif, se donna la mort après avoir commis un meurtre sous l'impulsion d'une passion ardente; le troisième, très-sûr dans les affaires de com-