‹ L'homme criminelChapitre 52 sur 315 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

merce, avait dans son enfance commis quelques larcins •et repoussé toute espèce d'étude ; le quatrième enfin , enfant rachitique, avec le front fuyant, fut tellement possédé de la passion du vol, qu'il dérobait dans les collèges les montres et tous les objets qui lui tombaient sous la main. On avait usé vainement, pour le corriger, des châtiments les plus sévères; à seize ans il devint honnête.

14. — Un enfant qui, dès l'âge de trois ans, était déjà porté à l'onanisme et éprouvait du plaisir à voir égorger les animaux, se montrait, à cinq ans, trèshabile à mal faire. Il vit un jouf son petit frère qui perdait du sang par le nez, et en profita pour le faire tomber la face contre terre; il trempait ses mains dans ce sang et criait: Je veux tuer ce petit, je veux voir du sang , cela seul me procure du plaisir.

Comme on lui demandait s'il oserait tuer sa mère : « Assurément ! répondit-il ; et comment pourrais-je l'aimer, si je ne m'aime moi-même ? Oh ! je veux bien la tuer, et si je ne puis le faire aujourd'hui, j'attendrai ! d'être grand ».

15. — Verga (Rendiconto Isliluto Lombardo, 1883), si- 1 gnale un petit paysan de onze ans, aux pommettes sail-

I lantes, intelligent et instruit pour sa condition. Ce jeune scélérat, poussé par la haine, avait d'abord roué de coups et menacé de mort un de ses camarades; finalement, il le tua pour une botte d'herbe. Armé d'une faucille, il le frappa à coups redoublés, et ne fut arrêté un moment que par la difficulté qu'il rencontra à faire pénétrer dans le crâne de sa victime la pointe recourbée de son instrument. Il jeta ensuite le cadavre dans un fossé où il se lava les

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mains, et, pour se disculper inventa une fable. Tous les deux, disait-il, avaient été menacés par un garde champêtre et avaient dû , pour fuir, se jeter à l'eau. Il ne se décida à avouer qu'après avoir appris que, grâce à son ûge, il ne serait frappé que d'une peine légère.

16. — Obscénité. — J'ai déjà fait remarquer plus haut que les cas d'obscénité précoce sont loin d'être rares. Depuis longtemps j'avais remarqué (L'amour chez les fous, 1881) que tous les cas monstrueux dans l'amour sexuel (si l'on excepte ceux que produit la décrépitude), sont en germe dans le cerveau de l'enfant, et s'y mêlent aux autres tendances criminelles.

Tel était le cas du voleur Bor..,, un jeune fripon qui^ à neuf ans, était sujet à des érections continuelles, et à qui il suffisait, pour être porté au viol, de voir flotter un linge blanc. Il avait présenté ce symptôme étrange dès son plus jeune âge, à trois ou quatre ans, quand, allant à l'école, il voyait ses petits camarades vêtus d'un tablier blanc. Plus tard, le froissement seul du linge lui donnait autant de plaisir que le contact d'une femme.

Il faut, toutefois, noter que tout enfant, il avait reçu à la tête un coup violent, et cette blessure l'avait fait longtemps souffrir; et que, comme à l'ordinaire dans ces cas, il descendait de parents névropathes.

Je ne crus pas, tout d'abord, à la véracité de ses aveux , car il s'agissait d'un criminel qui pouvait avoir inlérêt à feindre; mais je tombai sur une histoire racontée par Magnan et Charcot, et dont l'analogie avec la mienne est si évidente qu'elle la rend non pas seulement probable, mais certaine. (Archives de neurologie, n. 11, 1882).

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