CHAPITRE
qiiiême année, elle manifesta des tendances au vol, dérobant même des objets qu'elle aurait pu avoir pour rien; le vol commis, elle le niait avec obstination.
Douée d'une imagination ardente, elle aimait le beau, mais se moquait de Dieu; a sept ans, elle eut à souffrir d'une leucorrhée, que l'on attribua aux oxyures; en même temps elle maigrissait à vue d'œil. On remarqua, dès lors, qu'elle cherchait à s'isoler dans une
cabane avec des enfants pour jouer au mariage ;
a neuf ans, l'excès de la masturbation provoqua un gonflement de la vulve. On essaya du fouet. Mais cela l'hébélait, la rendait fausse et méchante, sans aucun profit; on n'eut pas plus de succès avec la chemise de force, ni avec l'eau froide qu'elle employait d'abord elle-même pour se calmer.
La partie supérieure de son corps dépérissait; mais la partie inférieure se développait d'autant plus. Elle portait les mains sur elle devant tout le monde: «Pourquoi me priver d'un plaisir si innocent?» disait-elle.
Souvent elle manifestait du repentir, et pleurait en voyant les larmes de sa mère, mais elle succombait bientôt à de nouveaux accès; et elle ajoutait: «Je sais que c'est honteux, mais je ne puis m'en empêcher ».
Un prêtre essaya de la moraliser; mais pendant qu'il parlait elle se masturbât avec sa soutane. On voulut lui appliquer un cautère au clitoris; mais on n'obtint par ilà aucun résultat.
« 11 est affreux, disait-elle, de vouloir le faire et d'en être empêchée; c'est à devenir folle. Je serais capable de tuer quiconque me ferait obstacle. Dans ces momentsla, je suis prise d'un vertige. Je ne vois rien, je ne crois rien, il faut que je me satisfasse ».
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Elle avait ou, toute petite, une gouvernante qui se masturbait devant elle. Plus lard, une autre maîtresse, en lui défendant de se loucher le pubis, éveilla sa curiosité. Dès lors elle y portait la main, sans éprouver de plaisir, il est vrai, mais par pure curiosité; puis elle se figura qu'elle était malade et, pour s'amuser, s'appliqua aux parties honteuses des cataplasmes d'herbe, de sable; elle les frictionnait avec un bâton. Les désirs vinrent à l'heure marquée par la nature.
Elle corrompit sa sœur qui avait quatre ans, et qui ne put éprouver de plaisir que plusieurs années après; «t se perdit ensuite avec des jeunes gens.
c) — On trouve dans Esquirol un cas très-curieux où l'on observe, à côté de penchants obscènes, et causée en partie par eux, une idée fixe de parricide. — Le sujet était doué d'une intelligence claire et précoce, et nous fournit ainsi un exemple complet de folie morale et de criminalité à l'état naissant, comme diraient des chimistes.
La fillette, dont il fait le portrait, avait l'air vif, les cheveux châtains, le nez camus; dès sa cinquième année, «lie parut en proie à l'idée fixe de tuer sa mère afin de pouvoir se mêler en toute liberté aux petits gairons. La douleur que lui causait la découverte de tels penchants ayant rendu sa mère malade, elle lui avoua que sa moil ne lui déplairait pas. — Je pourrai ainsi entrer en possession de vos robes. — Quand ces vêtements seront usés, comment feras-tu ? — Avec votre argent j'en achèterai ■d'autres. — Et après ? — J'irai avec les hommes. — Tu ne sais ce que c'est que la mort; si je mourais ce soir, je ressusciterais demain. Le Seigneur n'est-il pas mort et ressuscité ? — Le Seigneur est ressuscité parce-