III. CONSIDÉRA.TION
En vérité, ne sommes-nous pas infiniment obligés à ce divin législateur , qui a, bien voulu descendre du ciel pour nous apporter une loi si favorable , et nous envoyer le Saint-Esprit pour la graver, non sur la pierre, comme la loi de Moïse, mais dans le fond de nos cœurs ? IN'adrnirez-vous point sa magnificence, qui a caché de si grands biens dans l'obéissance avec laquelle nous la recevons, et dans le peu de service qu'elle exige de nous pour une si grande récompense ? et cependant, par un étrange aveuglement , elle ne trouve que de la contradiction parmi les hommes.
(1) Gennadlus ,l.pro Synodo Florent, c. 2. s. 5. tntlto»
(2) S, Chrysost. hom. 1. in Nat.
Presque toute la loi divine a ses ennemis : autant qu'il y a de sortes de préceptes , autant elle a d'ad versa hres. Si le Seigneur commande aux hommes la libéralité, l'avaricieux s'en fâche; s'il défend la profusion et les dépenses superflues, le prodigue s'en moque avec exécration. Les méchants tiennent pour ennemis tous les préceptes divins : ceux qui ravissent le bien d'autrui ont en horreur tout ce que l'Évangile dit de la justice ; les orgueilleux abhorrent tous les préceptes de l'humilité; ceux qui sont adonnés à l'ivrognerie, se choquent quand on les oblige à. la tempérance, et les impudiques ne peuvent souffrir qu'on leur parle de îa chasteté (1). Ce n'est pas que la loi ne soit bonne , mais leur mœurs sont corrompues ; la cause de leur haine est dans eux-mêmes : qu'ils corrigent leurs affections dépravées , ils changeront leur aversion en zèle et en amour. Sitôt qu'ils commenceront à se porter au bien, ils aimeront la loi du Seigneur, parce que tout ce qui est commandement dans la loi , est pratique dans la vie d'un homme juste. Nous devons donc observer d'autant plus exactement les choses que nous avons entendues* ae peur que nous ne périssions, comme feau qui s'écoule et se perd (2). Car si la parole qui a été annoncée par les anges a eu tant de force, que quiconque l'a violée, a reçu la punition que sa désQ» béissance méritait; comment l'éviterons-nous, si nous méprisons une loi si salutaire , qui , ayant été premièïpnt annoncée par le Seigneur môme des anges ,
(lj Penèomnis sermo divinus habet semulossuos : quot gênera
prseceplorum suot, tôt adversariorura. Si largitatera esse in hom>
nibusjubet Dominus, avarus irascitur ; si parcimoniam exigit,
prodigusexsecratur. Sermones sacros improbi suos hosles dicunti
horrent raptores quidquid de jnstitiâ scribitur , horrent superbi
Iquid df: humililate mandatur; adversantur ebriosi , ubi so-
indicitur ; «Ictestantur impudici, ubi castitas iraperatur,
ianus,/. 4 ad Ecoles, in fine.
'ropiereà abundantiùl oportet obscrvaie nos ea (fuœ audl*
»imu8, ne lui le percJfllUIQUS. Hebr. 2. 1.
24 L'ttftMME D'ORAISÇit
a été depuis établie parmi nous par ceux qui l'ont entendue , auxquels Dieu a rendu témoignage par les miracles , par les prodiges, par les différents effets de sa puissance , et par la distribution des grâces du Saint- Esprit, qu'il a partagées comme il lui a pluP Nous sommes bienheureux , peuple d'Israël, de connaître ce qui est agréable à Dieu{\) . Si vous savez ses commandements ,vous êtes heureux si vous les mettez en pratique (2). « Heureux celui qui médite jour et nuit la loi du Seigneur (3) ! « Quelle est cette loi, sinon notre Sei- » gneur Jésus-Christ, qui a été engendré du Père d'une » manière inénarrable ? elle n'est point écrite sur des » tables de pierre. La loi en effet sort de Sion, et le » Verbe du Seigneur, de Jérusalem. On l'appelle loi, » parce qu'elle renferme des conseil? paternels ; et » Verbe, parce qu'il est inséparable du Père (4). »
(1) Beati suraus, Israël , quoniam quae placita sunl Deo , manifesta sunt. Baruch. 4.
(2) Si hœc scilis, beati eslis,si feceritisea.
(3) Beatus vir, qui.... in lege Domini voluntas ejus , et in lege ejus meditabitur die ac nocte. Ps. 1. 2.
(4) Quae est ista lex, nisi Christus Doniinus , qui inenarrabililer est ex Pâtre genitus, nec est scriptus in tabulis lapideis ? Ex Sion «ni m egredietur lex , et Verbum Domini , de Jérusalem. Lex q«idem dicitur,ut quiin seferat palerna consilia; Verbumautem, ii4 qui à Pâtre sit inseparabilis. S. Chrysost, in Psal, 1.
LECTURES SPIRITUELLES* 2b
ENTRETIEN
rOU» LE MERCREDI DE L'OCTAVE bE LA PENTECÙ'IE.
De la qualité de souverain pontife, et des pouvoirs admirables du sacerdoce de Jésus-Christ.