III. CONSIDÉRATION
Si cela est véritable, qui ne déplorerait l'aveuglement des hommes, qui prennent si peu de soin d'éviter les petites fautes de négligence ou de malice?
Qui voudrait proférer un mensonge officieux , s'i! savait que cette vaine complaisance lui dût indubitablement cofyjSr la vie ? cependant on nous assure qqg Ja mort la pîus cruelle n'est point à craindre ;'; l'égal de la moindre peine du purgatoire. Qui voudrait consentir à un regard curieux, s'il ne doutait point qu'il n'en dût perdre l'œil, et souffrir qu'on y appliquât un boulon de feu? et néanmoins on dit que le feu de cette vie n'est qu'une peinture , en comoaraison de ces flammes
vengeresses de *a justice divine. Enfin , qui serait le brutal et l'insensé, qui, pour une légère vanité, une raillerie, une petite vengeance, voulût s'exposer au danger évident d'être mis sur une roue, ou plongé dam Yhuile bouillante? et toutefois on nous dit que ni les roaes, ni les chevalets, ni les plus horribles tourments qu'on puisse inventer en ce monde, ne sont rien en comparaison de ce qu'une âme souffre dans le feu du purgatoire, dans ce cachot ténébreux, dans ce lac profond , dans cet enfer temporel , dont l'Église prie si instamment le Fils de Dieu de délivrer les défunts (1). Quel est donc l'aveuglement des hommes , qui, nonobstant tout ce qu'on leur peut dire des peines dont Dieu châtie les plus légères offenses, ne laissent pas de les commettre avec autant de facilité que si, au lieu du châtiment, ils en espéraient la récompense? On sait assez avec quelle impatience ils souffrent les moindres aniielions que Dieu leur envoie par miséricorde, afin de les retirer du vice; une migraine, un mal de dent, une colique, suffit pour les mettre hors d'eux-mêmes, et pour leur faire quereller cette aimable Providence, qui leur offre le moyen de payer leurs dettes, ou plutôt de s'en déchargerai heureusement: que feront-ils donc dans ces flammes, dans ces brasiers, dans ces feux dévorants, qui n'épargnent pas même les saints? Que s'ils sont assez insensibles pour ne pas craindre d'y tomber, sont-ils certain! de ne point descendre plus bas? et s'ils ont tous sujet d'appréhender , non-seulement le feu «lu purgato r > mais encore le feu de l'enfer, sont-ils sages de perdre les plus précieux moments de leur vie au jeu, aux festins, aux diverlisseme is, comme lice malheur ne touchai! personne? Jhfs'iU avaient de la êageêHf $'il$ comprenaient et s'ils prêvoyai leur fin (2)1
(i; Uben animai omnium defunctorum <io pcraii loferai, et de profonde iecu, ne tbtorbcal tu 1er! irai, m cédant in turunu
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Iftinai . 32.
222 L'HOMME D'ORMSON.
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ENTRETIEN
POUR LE MERCREDI DE LA QUATRIÈME SEMAINE d' APRÈS LA PENTECÔTE.
De la qualité de juge, et de l'admirable sagesse que Jésus- Christ fait paraître dans le purgatoire.
Magna s tint judicia tua, Domine, et inenarràbilia verbatua. Propter hoc indisciplinatœ animœ erraverunt.
Seigneur, vos jugements sont grand» , et vos paroles sont ineffables. C'est pourquoi les esprits licencieux et libertins sont tombés dans l'erreur. Sap. 17.