I. CONSIDÉRATION
De tout ce que nous avons dit dans l'entretien précédent, il est aisé de juger du respect que nous devons à tous les ministres de Jésus-Christ , qui ont l'honneui d'assister et de servir aux autels , mais surtout aux prêtres et aux évoques, auxquels j| appartient de consacre le pain de vie , et de remettre les péchés. Ignorez-vous la dignité du prêtre ? C'est l'ange du Seigneur, dit saint Chrysostome, il ne vous parle pas de lui-même, sans une autorité supérieure ; si vous en faites mépris, ce n'est pis lui que vous méprisez, mais Dieu même, qui est l'auteur de son ordination (1). Que si vous ne le croyez pas,
(i) An igaoras quid sit sacerdos ? Angélus utiquè Domini est Non ex seipso loquitur : si dcspicis, nonillum despicis, sed Deum qui iiïum ordinavit. S. Clirysost. hom.'ep. 2. ad Timot/i.
toute votre espérance est vaine. Car si Dieu n'opère point par son ministère, votre baptême est nul, vous ne participez point aux saints mystères, vous ne jouissez point des bénédictions célestes ; vous n'êtes donc point chrétien. C'est donc une exlrême folie, dit ce même Père (1), de mépriser une si haute puissance, sans laquelle nous ne pouvons parvenir au salut et à la jouissance des biens qui nous ont été promis. Car si personne ne peut entrer dans le royaume des cieux, s'il ne renaît de l'eau et de l'esprit, et si celui qui no minge point la chair du Seigneur et ne boit point son sang , esl privé de la vie éternelle , tout cela ne se pouvant faire que par ses mains sacrées, par les mains, disje , des prêtres , comment pouvons-nous , sans leur secours, éviter le feu d'enfer, ou acquérir une couronne dans le ciel? Car c'est à eux qu'on a conGé les saints fonts du baptême, d'où les enfants de Dieu tirent leur naissance spirituelle; c'est par eux que nous sommes revêtus de Jésus-Christ, ensevelis avec le Fils unique de Dieu , et unis comme membres à son sacré corps : et en cette considération nous leur devons plus de respect qu'aux rois de la terre et à nos propres pères, parce que ceux-ci ne nous donnent qu'une vie temporelle; mais ceux-là nous engendrent à la vie et celle (2). De là vient que Dieu punissait si sévèrement ceux qui ne rendaient pas le respect et l'obéissance qu'ils devaient aux prêtres de l'ancien Testament, qui n'étaient que des figures des nôtres. Quiconque refusera par orgueil d'obéir aux commandements du prêt qui sera d'office pour servir au Seigneur votre Dieu , qu'il soit condamné à la mort par sentence dujug afin que tout le peuple apprenant ce châtiment en con- <;<>i\t!de la crainte, et que personne de là en avant ve par \i\w insolente piésomption (3). Jugez
s. Ckrytoit. i. :\. de Sacerd,
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(3) Qui tuperbierit, noient obedirt tscerdotit lœpcrio , <jul
là ce que doit appréhender celui qui méprise les prêtres de la loi nouvelle , et apprenez combien le Fils de Pieu, qui les a établis dans son Église, est jaloux de l'honneur et de l'obéissance qui sont dus à ses ministres. Respectez celui qui vous administre tous les jours les divins myg tères, qui veille pour vous, qui offre des vœux au Seigneur pour vous, qui prie pour vous à l'autel, qui in tercède pour vous, qui a en dépôt la religion, le culte divin et le service de l'Église,, et tout cela pour vous (1),