‹ L'homme d'oraison (volume 2)Chapitre 42 sur 144 · III. CONSIDÉRATION · texte numérisé non relu

III. CONSIDÉRATION

L'esprit fait croître le corps, et fortifie par le moyen des aliments qu'il change par une merveilleuse alcbymie, etqu'il distribue à tous les membres. De même le corps de Jésus-Christ dans le très-saint Sacrement fait croître l'Église en toutes sortes de vertus , et donne de la force et de la vigueur à tous les fidèles, qui sont ses membres, pour vaincre le monde et Penfer même, Il est tout ensemble; le lait des enfants et le pain des forts. Le prêtre, dit saint Denys, donne le sacrement 4 l'enfant, afin qu'il s'en nourrisse, et qu'il croisse, eo sainteté et en vertu (3). C'est le lait que, le prince, de§ apôtres recommande aux fidèles qui en ont goûte* la douceur , afin qu'ils croissent dans l'amour de leur

(1) Sicut anima nostra vita est corporis, ilà fit Ecclesiœ, imô multô meliùs per gratiam Dei , vita caro Salvatoris. Per anima m quippè fit ut corpus utcumque temporaliler vivat : per carnem verô Salvatoris agitur, ut Ecelesia, non quomodocumquè, sed beatc in œternum vivat. Guitmundus, Episc. Avers anus, l. 1. de verit,.

Euch.

(2) Qui manducat meam carnem , et bibit meum sanguinem., habet vitam aeternam : et ego resuscitabo eum in novissimo die-. Caro enim mea verè est cibusjet sanguis meus, verè estpolusî qui manducat meam carnem , et bibit meum sanguinem, in me taanet , et ego in illo. Joan. 6. 55, 56 , 57.

(3) Tribuit sacerdos sacramentum infanti,ut in eo nutrialur, «t crescat tacris augmeatis. De Eccles. Hiérarchie >

salut et de leur perfection. Prêtres , comme des enfants nouvellement nés, désirez le lait spirituel et tout pur, afin décroître en tout ce qui regarde votre salut , si toutefois vous avez goûté combien le Seigneur est doux (1). C'est aussi le pain des forts . qui leur donne, comme dit Albert le Grand, une vive espérance d'obtenir de Dieu tout ce qui leur est nécessaire, et de vaincre tout ce qui leur est contraire(2). Le sang de Jésus-Christ anime les saints au combat. C'est ce qui fait tous les grands courages et les généreux athlètes du christianisme (3). D'où vient que le Disciple bien-aimé assista au pied de la croix avec tant de fermeté et de constance, pendant que les autres Apôtres se cachaient par lâcheté et faiblesse de cœur? D'où lui venait cette force? du cœur de Jésus- Christ sur lequel il avait reposé. Les autres disciples s'appuyaient sur la table ; mais saint Jean s'appuyait sur la poitrine de Jésus, qui lui servait de table, d'où il tira une force incroyable contre les ennemis do la croix de Jésus-Christ, en sorte qu'il demeura incorruptible et invincible (4), pouvant dire- avec le PsaVniste : Le Seigneur est ma jorce et ma gloire, il est l'auteur de mon salut (5).

(1) Sicut modo geniti infantes ralionabilc sine dolo lac coftcupiscitc, ut in co crcscaiis in/alutein , si tamen guslatis quoniam suavisesl Dominas. 1. f'clri, 2. 2.

(2, Hoc SacramealufQ nobis iribuit spem cuncla imnetrandi, et cuncla vincendi. Albert» Maçn» dist. 3. tract. 2. c, 2.

(3) Vir sanctus a< uilur sanguine Christi ad prsclium. Illo enim sanguis valdè facil audaces. Idem.

(4) Alii disci|)u(i rccuniljehant td men^am : Joanni verô instar mensee fuit pectlU Jcsu, in qua recubuit, et ex quâ incndlj'ilem fortiludiucm conlrà inimicos crucis Christi accenit, ut intorriijilus et invictus permanent. Idem,

(b) Forttlado et laus niea Dommus : et faclus est nnhi ta salu- (cm. /'*. 117. H.

#8 L'HOMME D'ORAJSON.

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