‹ L'homme d'oraison (volume 2)Chapitre 59 sur 144 · IV. CONSIDÉRATION · texte numérisé non relu

IV. CONSIDÉRATION

Car (^nCm le prêtre , en vertu de son pouvoir , est le médiateur entre Dieu et les hommes, que Jésus Christ comme pontife universel , premier et souverain médialeur, a commis et député pour traiter en son nom de la paix et du salut des fidèles qui attendent son secours, et pour leur dispenser les biens qu'il leur a acquis par sa mort. C'est pour cela qu'il leur a confié les clefs du ciel ,du purgatoire et de l'enfer: du ciel , pour l'ouvrir à ceux qui suivent ses conseils ; de l'enfer, pour le fermer; du purgatoire, pour en tirer les âmes qui n'ont pas encore <;i t ^sCiil la justice divine : à cause de quoi lÉglise ne donne pas le baiser de paix a la messe qui se dit pour les di fonts, ni la bénédiction aux assistants, pour nous apprendre que cet laintes épouses du Fils de Dieu n'ont pas eucore reçu le

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baiser de l'Époux , après lequel elles soupirent , ni entendu de sa bouche ces paroles si désirées : Venez , hênis démon Père ; et pour nous obliger à leur procurer ce bien le plus tôt que nous pourrons.

Que si cela est véritable , comme on n'en peut douter, le concile de Trente n'a-t-il pas eu raison de recommander à l'évoque « d'avoir soin que les prêtres » célèbrent la messe , au moins les dimanches et bs » fêtes solennelles ; et s'ils ont charge d'âmes , aussi » souvent qu'il sera nécessaire pour satisfaire à leurs » obligations (1). » Saint Bonaventure condamne de péché mortel celui qui par une négligence notable omet de célébrer la messe , aussi bien que celui qui l'omet par mépris. C'est un effroyable crime , dit ce Père , de s'approcher indignement de l'autel ; et ne s'en approcher pas par une notable négligence, ou par mépris, c'est une faute qui mérite la damnation (2). Pourquoi? à cause du tort considérable que le prêtre fait à Dieu, à l'Église et à lui-môme. Car, comme dit le vénérable Bècle (3) , n'ayant aucun empêchement légitime , si par négligence il ne fait pas un bon usage du pouvoir qu'il a reçu par son sacre , il prive la tressai :te Trinité d'une grande gloire; les anges, d'une singulière joie ; les pécheurs , de la rémission de leurs crimes; les justes, d'un secours et d'une grâce considérable; les âmes, du purgatoire, d'un grand soulagement; l'Église , d'un spécial bienfait de Jésus-Christ; et lui-même , d'un puissant remède contre les péchés et les faiblesses qui nous arrivent tous les jours, parce que , comme dit saint Ambroise, si toutes les fois que l'on offre le précieux sang de Jésus-Christ , on l'offre pour

(1) Curet episcopusut ii (sacerdotes ) saltem diebus dominicis et festis solemnibus; si autem curam habuerint animarum, tàm fréquenter, ut suo muneri satisfaciant , missas célèbrent. Conc. Trid. sess. 23. cap. 14.

(2) Accedere indigné liorrendum est judicittm . non accedere ex notabili negligenlià vel coiitemptu , dauiuabilis est culpa. S, Bonavent. de Prœpar. ad Miss. <?. 1.

(3) Beda, de Venerab. Sacrant,

la rémission des péchés, j^ le dois toujours prendre, afin que mes péchés me soient toujours remis, et, puisque je pèche toujours, je dois toujours prendre la médecine qui peut me guérir (1). Je sais bien que ce n'est pas une obligation de précepte de célébrer tous Ieg jours la messe , mais c'est un salutaire conseil, parce que « la fonction du prêtre n'est pas la fonction » d'un particulier, mais une fonction publique; Je » sacrifice qu'il offre, n'est pas utile à lui seul, mais » à toute l'Église. C'est pourquoi , bien qu'il soit im- » parfait, pourvu qu'il ne soit point en état de péché qui » le rende indigne de célébrer , et qu'il y apporte une » diligence morale , il ne doit point s abstenir de ce sa- » cré ministère. » C'est le sentiment et la pratique commune des saints. Je sacrifie tous les jours à Dieu un agneau sans tache, disait saint André à son tyran (2). Cette sainte coutume a toujours été observée dans l'Église. N'est-il pas vrai que Jésus-Christ, disent saint Cyprien et saint Augustin , n'a été immolé qu'une fois pu lui-môme , et néanmoins il est immolé dans le sacrement, non-seulement toutes les fêtes de Pâques , mais encore tous les jours pour le bien des peuples (3)? II en sera de même jusqu'à la fin du monde, lorsque le juge des vivants et des morts , s'adressant aux pré très , comme dit saint Hippolyte ,fera leur éloge dan l'assemblée générale de tous les hommes, en leur disant: Venez, pontifes qui m'avez offert de jour et do

(1) Quia, sicut ait Amhro^iiH, si quoliegeumque effundilur sanguis Chrisli , tolies in remissioncm effïiDditur , doheo illiini •emperaccipere, ut semper peccata dimittantur; qui gemper pecco,

) semper accipcrc medicinam. s. Amb. i. 4. de Sacrant* c. G.

(2) Quotfdiè immolo Deo Agnum immacnlattim. Hde Quares- 71, to/n. 4. t. 1. c. H. tect. l 't. cl Suarrm, tout. 3. dtsput,

i Del (juotidi Ci lebramus. Nonn<; acmel iintim- ■ -i Chriitui la s mi m(0] non lolùm

P' i omoeiiolemaiUtet| ledomal die. pro populls immoiaïur \

nuit un pur sacrifice, et qui avez immolé tous les

jours mou précieux corps el mou précieux sang (1).

(l)Venite, pontifices qui pure mihi sacrificium die noctuque obtulistis, ac pretiosum Corpus et Sanguinera me uni uuotiiiiè immolâstis.

ENTRETIEN

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