‹ L'homme d'oraison (volume 2)Chapitre 62 sur 144 · III. CONSIDÉRATION · texte numérisé non relu

III. CONSIDÉRATION

Il passe encore plus avant , et par une autre merveille aussi surprenante, il rend l'homme capable d'égaler les bienfaits de Dieu par son offrande , et souvent même de les surpasser , et de lui donner plus qu'il n'a reçu. Car ne pouvant de lui-même reconnaître dignement le moindre des bénéfices divins, en offrant à son bienfaiteur le sacrifice de la messe , il lui rend plus que sa bonté ne lui peut donner par tous les biens créés. Et de plus, le Fils de Dieu n'ayant donné sa vie pour l'homme qu'une fois sur le Calvaire; le prêtre , par un pouvoir comme infini , qu'il lient de lui , en célébrant les saints mystères,lui rend une manière d'être miraculeux sous les espèces du pain et du vin, autant de fois

(1) Quodenim erat apud eum omnibus pretiosius, unigenitum pro nobis Filium dédit, et quidera cùm adhuc essemus ipsius inimicij nec dédit solùm, sed nostram illum fecit esse mensam, omnia faciens ipse pro nobis, et donando videlicet ,et gratiarum adores ipsà donorum suorum ubertate faciendo. S. Chrjrsost. ho m. 26. in Mattliœum.

(2) Quiaenim in mullis homo Deo existit ingratus, ipsc ubique suscipitvicem nostram, et ea quœ ad nos pertinent, per dititiai) suae dispensationis operatur. Ibidem.

et en autant de lieux qu'il les consacre, et par conséquent il le redonne autant de fois à son Père en hommage et reconnaissance de ses bienfaits.

En vérilr notre Seigneur, en donnant ce pouvoir aux prètres,et, parleur ministère, à tous les fidèles , ne faitil pas assez paraître combien il désire qu'ils l'exercent souvent ? et, s'il le désire , n'est-il pas juste de le faire avec toute la joie et la ferveur imaginable ? Il est véritablement digne de votre grandeur et de notre devoir , il est juste , il est équitable et salutaire, Seigneur, qui êtes saint , Père tout-puissant, Dieu éternel , de vous rendre grâces en tout temps et en tout lieu, par notre Seigneur iésus-Christ (1). 0 source inépuisable de libéralité, il est trop juste que je m'acquitte de ce devoir ; car je crois et je confesse que tout ce que j'ai délie, dévie, de puissance et de grâces, soit au corps , ou dans l'âme, vient de votre pure miséricorde. Je reconnais humblement que vous (Mes mon souverain Seigneur, de qui je dépends absolument, et à qui je dois tout ; que vous êtes saint par essence, et par conséquent la cause universelle de toute la sainteté qui est dans moi et dans toutes vos créatures; que vous êtes noire Père, qui nous avez adoptés pour vos enfants et pour les héritiers de votre royaume, et par un amour gratuit, dont nous vous sommes infiniment redevables; que vous êtes tout-puissant, et que vous n'employez de vous-même voire puissance qu'à nous faire du bien et à nous tirer de nos misères ; enfin que vous êtes DOtre Dieu , qui de loule éternité avez conçu dei desseins si favorables et si avantageux pour nous, que, pour les reconnaître, toutes les louanges des esprits bienheureux sont trop peu de chose , quoiqu'elles •oienl éternelles. Agréez néanmoins » o monsouve-

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134 l'homme d'ormson.

ràïn bienfaiteur, que mon cœur, tout faible qu'il est, fasse un effort pourvous rendre mes vœux , et vous témoigner que tous les biens dont vous me comblez tous les jours , sont d'un prix infini dans mon estime , parce qu'ils partent de votre main infiniment libérale , et que vous les faites à une personne infiniment vile et indigne. Me voici à dessein prosterné au pied des autels, exposé aux yeux des hommes et des anges , pour publier à tout le monde les faveurs inestimables , dont vous m'avez prévenu, et pour vous protester que je suis résolu de réemployer désormais à vous rendre tous les services que vous désirerez de moi, et toute l'obéissance que je dois à vos commandements. Ce n'est pas par moi-même que je vous offre ce témoignage do ma reconnaissance , c'est par votre Filsbien-aimé notre Seigneur Jésus-Christ. C'est sur l'autel de son cœur , que je vous offre le sacrifice de ses louanges et de sa propre vie qu'il a immolée sur la croix , en reconnaissance de tous les biens que vous me faites. C'est luimême que je vous présente , comme une victime d'amour , qui par un admirable transport s'est fait, de mon bienfaiteur, mon action de grâce , afin que je ne sois plus ingrat. Seigneur , vous êtes mon Dieu , je vous glorifierai et je Bénirai votre nom , parce que vous avez fait des merveilles, et que vous avez accompli vos desseins anciens et fidèles. Amen (1).

(1) Domine, Deus me us es tu, exaltabote, et confitebor nomini tuo; quoniam fecisti mirabilia, cogitationes antiquas fidèles. Amen. Is, 25. U

ENTRETIEN

POUR LE JOUK DE L'OCTAVE DU TRES-SAINT SACREMENT. VU. POUVOIR DU SACERDOCE DE JÉSUS-CHRIST.

L'institution de l'Eucharistie.

Que VEucharittie c$( !■ plus excellent moyen que vous puissions employer, pour impétrer tout ce que nom demandons à Dieu.

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