II. MOTIE DE Là FRÉQUENTE COMMUNION
Anîivi oralionem tuam, et elrgi locum istum mihi in domum sacrificii... Octtli quoquc mai erunt aperti, et aures meœ erectœ ad orationcm ejut (/ni in loco isto oraccrif.
J'ai écouté favoraMemcnl voire prière, et j'ai choisi ce lieu pour mi maison, où l'on m'offrira des sacrifiées. Mes yeux seront i anverts, et pas oreilles, attentif es à la. prière de celui <jui priera eu ce lieu. 2. Paiulipom. 7. 13.
i. considération.
QutlQUIf DUS, dit saint Bonaventure , sont adirés a la communion par I<> désir d'impélrer quelque grâce ou quelque bénéfice divin, par l'Intercession do celui auquel la Pète éternel na peut rien refuser (1). Ce moyen est le plus efficace qu'on p imployer pour
(I) Aiiquos trahit ad comnunlcandum desideriuo allcujus gra* i \<i benefleli Impetrandl par avn cul PMrr nlbll negart aotest, pro se Intercèdent!, s. Bonavent, i<<m sup. citeto.
136 L'HOMME fey'9K*18t!f«
obtenir de Dieu tout ce qu'on lui deftuaide , comme dit saint Laurent-Justinien: o On nt? peut lui offrir de » sacrifice, soit pour le louer, soit pour le remercier * » soit pour iav^étrer ie pardon de nos péchés, soi! » pour obtenir la gloire éternelle, qui lui soit plus p agréable que le saint et sacrî mystère du corps 6$ » du sang de Jésus-Christ (1). » La raison est rue le sacrifice de la nes^c, est une vive expression de la passion de notre médiateur, qui' représente par&I&irent les opprobres qu A a. jouLiris, les fouets dont il a été déchiré , les clous dont il a été percé , le fiel et le vinaigre dont il a été abreuvé , et qui fait revivre tous les jours , d'une manière admirable , le sacrifice de ?& croix (2).
En effet, la sainte messe n'est pas une simple Cguit» du sacrifice de la ctoIx, on y sacrifie la même victime qui s'immola sur la crcjx pour la rédemption du monde, Que faisons-nous donc, nous autres , dit saiet Chrysostome (3) ?Ne sacrifions-nous pas tous les jours ? oui, certainement, nous sacrifions, mais nous offrons ce sacrifice en mémoire de la mort de Jésus-Christ; et l'hostie que nous offrons est unique , nous n'en offrons pas plusieurs. Comment est-elle unique, et pourquoi n'y en a-t-il pas plusieurs ? parce qu'elle a été une seule fois offerte sur le Calvaire ; et le sacrifice que nous faisons en est un extrait , qui est la môme chose que son original. Car nous ne sacrifions pas aujourd'hui un agneau, demain un autre, mais toujours le même. Autrement, parce qu'il est offert en plusieurs lieux, s'ensuit-il qu'il y ait plusieurs Christs? nullement; mais partout c'est le môme Christ. Il est ici tout entier, il est aussi Jà tout entier. C'est toujours un même corps , et parce que celui qui est offert, est un même corps, et non pas
(1) 5. Laur. Justin, serm. de Euch. 26.
(2) Nempè dolores Medialoris nostri, irrogata convicia, excepta flagella, aceti et fellispocula, clavorum et lanceœ vulnera, ex redivivà huju9 sacrificii a-lebralione mcmoranlur. lbid.
(3) S* Chr/sost. hom. 14. in ep. ad tlebrœos*
LECTTRïïS SPIRITrFI.T.rS. 137
plusieurs corps, c'est aussi un môme sacrifice. Notre pontife est celui qui a offert le premier l'hostie qui nous purifie, et maintenant nous offrons encore la même qui fut offerte pour lors, et qui ne peut être consumée l). De là vient que le Père éternel voyant les crées plaies ^e son Fils, qu'on lui présente, est si libérai à donner ce qu'on lui demande. Car que pourrait-il refuser aux prières de l'Église, à la vue de ces adorables plaies ? Que pourrait-il refuser à son propre Fils qui les lui présente lui-môme, et qui joint ses prières à celles de l'Église , et des ministres qu'elle députe pour les porter a l'autel ?