‹ L'homme d'oraison (volume 2)Chapitre 81 sur 144 · IV. CONSIDÉRATION · texte numérisé non relu

IV. CONSIDÉRATION

Il n'est rien de plus équitable., yu principalement qu'il a en excellence toutes les qualités requises pour exercer cette charge. Il a l'autorité légitime que son Père lui a donnée, parce que Satan, comme juge inique, avait entrepris sur sa vie, et l'avait fait condamner à mort par ses ministres, quoiqu'il n'eût aucun droit sur sa personne. C'est pourquoi il a perdu par une juste punition le pou voWr qu'il avait sur tous les pécheurs, que Dieu a transférés, comme dit saint Paul, dans le royaume de son bien-aimé Fils. Il a donc une autorité légitime sur tous, puisque le pouvoir déjuge est une partie de la puissance des rois sur leurs sujets. Il a la science nécessaire; car il a la sagesse incarnée , à laquelle appartient le jugement , parce que où il y a du désordre , le règlement est nécessaire; l'inégalité doit être ré-

(1) Causa tua quasi impii judicata est, causam judiciumque çecipies. Job. 36. 17. citalur à S. Tàomâ, S,p, guast, 49. a. 6. in Cor.

duite à l'égalité ; le désordre doit être réduit à l'ordre. Or il y a beaucoup de désordres dans le monde , qui ne sont pas réglés ni redressés en cette vie : il faut donc qu'ils le soient en l'autre; et ils ne le peuvent être que par celui qui les connaît, et qui ne peut rien ignorer.

Il a la volonté droite, qui ne peut rien ordonner contre la raison et l'équité, car il est l'équité même et la loi éternelle qui ne peut gauchir. Il ne peut pas se démentir et se renier lui-même (1) , et cette impuissance D'est pas une faiblesse, dit saint Ambroise, mais une intéprit^ inviolable. II ne veut pas pouvoir faire ce qu'il condamne, il ne veut pas pouvoir agir contre la bonne foi, il ne veut pas pouvoir juger pour l'imposture contre la vérité (2).

Sa vie est irréprochable , il n'y a que lui qui mérite cet éloge qu'on donna autrefois à un grand prince : C'est un juge à qui on ne peut rien reprocher (3), Aussi Clément Alexandrin dit par cette raison qu'il n'y a que Jésus-Christ qui soit juge, parce qu'il n'y a que lui qui soit impeccable (4).

Enfin il a la puissance absolue qui lui est nécessaire, pour obliger les criminels à comparaître devant lui, et pour exécuter la sentence qu'il portera irrévocablement contre eux.

Reconnaissons-le donc dès maintenant pour notre juge, et voyons ce que nous devons faire pour le cou* tenter et pour nous le rendre favorable. Nous ne pou» vons le récaser, son droit est incontestable. Il faut donc le gagner, s'il est possible, et nous le pouvons facilement ;i présent; mais si nous attendons qu'il vienne

(1) Seipsum negarc non polcst. S. Ambr. serm. 20. tn Psal. 118. ad versum 4.

■2 Non potest uliquè , non per infinnltatem, ted por In! btem. Non vnit posai fjnofi (inmn.it, non mit posse advenus fidem, non volt posse advenus veritatenii

Valeriaone jadei est,cutnihil objicl potest, i Soins Cftristui fttdei es! , quia loltu est in qui m pc • i ■on cadlt. Clem, dh x. t. x.pcdng. c. 2. inttto.

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et si nous différons trop long-temps , nous le trouveront inflexible.

Mon Seigneur, me voilà entre vos main» (1) , comme un criminel entre les mains de son juge. C'est vous qui me devez juger, c-est vous qui devez décider de mon salut éternel; c'est à vous que je dois répondre de tous mes déportements. Pourquoi me mettre en peine du jugement des hommes? pourquoi craindre si peu le vôtre, duquel dépend tout mon bonheur? ne devraisje pas l'avoir toujours présent à ma pensée ? ne devraitil pas être la règle de tous mes désirs, de tous mes sentiments et de toute ma conduite? d'où vient donc que j'y pense si peu? manque de foi, manque de réflexion sur le temps passé, manque de prévoyance pour l'avenir. Juste juge, faites-nous miséricorde, avant le jour du jugement (2).

(1) Domine, in manibus tuis sortes meœ. Ps. 30.16.

(2) Juste judex ultionis , donum fac remissionis , aute diem rationis. Prosa

ENTRETIEN

POUR LE MARDI DE LA. TROISIÈME SEMAINE d' APRÈS LA PENTECÔTE.

Sentiments des Pères sur le môme sujet.

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