‹ L'homme d'oraison (volume 2)Chapitre 91 sur 144 · CONSIDERATION · texte numérisé non relu

CONSIDERATION

Considérai que la mauvaise «non est une suite ordinaire de la mauvaise vie, et par conséquent quelle

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lutin .nf-rnura.Sed nos qui vif imus benol, ,mus Humino.fi fcocnunc el uique in'ffeulum. l'iai. l|3.

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est à craindre principalement à ceux qui pèchent, et qui ne se relèvent pas promptement.

Car, premièrement, ils se mettent en danger d'être surpris, ce qui leur est ordinaire, soit parce qu'ils meurent plutôt qu'ils ne pensent, soit parce qu'ils meurent sans y avoir jamais pensé, et souvent même sans y pouvoir penser : ce sont les malheureux effets que produit l'attache qu'ils ont au péché, et la longue habitude qu'ils contractent dans le vice, Elle leurôte, presque toujours la pensée de la mort; souvent ils ne sont pas en pouvoir ou en disposition d'y penser, quand la dernière nécessité les y oblige : et même quelquefois la justice divine raccourcit le temps de leur vie, en punition du mauvais usage qu'ils en font, et permet qu'ils meurent d'une mort violente et précipitée, qui les enlève promptement, sans leur donner le loisir de se reconnaître.

Secondement, ils s'exposent au danger d'être abandonnés de Dieu, qui nous défend de pécher; et s'il arrive que nous tombions dans quelque faute , il nous commande-de nous relever promptement , il nous en presse par ses inspirations , il nous y pousse par des mouvements intérieurs fort fréquents, et sa bonté est telle, qu'à toute heure il est prêt à nous recevoir, quand nous retournerons à lui avec une sincère douleur. Mais si nous résistons opiniâtrement à la grâce , il se retire àja fin, comme un médecin quitte le malade qui ne veut pas user de ses remèdes : non que les grâces communes et nécessaires nous manquent jamais au besoin , mais parce que notre malice invétérée nous rend indignes d'un secours extraordinaire , par l'abus continuel que nous faisons de ses grâces ordinaires. De là les théologiens concluent que le caractère des réprouvés est d'être arrêtés au mal, et inconstants dans leurs bonnes résolutions ; au lieu que celui des élus est d'être fermes et constants dans le bien, et, s'ils tombent par fragilité dans le mal, de s'en défaire promp^ teinent par une sainte pénitence.

LECTURES SPIRITUELLES. t£5

En f-oisième lieu, ils fortifient par la continuation de leurs dérèglements et de leur mauvaise vie la tyrannie du diable, qui les accable de tentations à l'heure de la mort, et fait tant par les violents assauts qu'il leur donne, et par' les artifices et les prestiges dont il use, qu il leur offusque l'esprit et leur endurcit le cœur. Tantôt il les flatte d'une heureuse convalescence, et leur fait différer leur confession sous l'espérance qu'ils relèveront de leur maladie, et qu'ils seront mieux en état de penser a leur conscience; tantôt il les porto au désespoir, leur persuadant qu'ils ont trop abusé de la bonté de Dieu pour espérer sa miséricorde, et qu'il est trop tard de recourir au remède, quand le mal est devenu incurable; tantôt il leur fait accroire qu'il n'y a ripn nui messe , et pendant qu'ils remettent leur pénitence au lendemain , le mai gagne iu uej»bu»f ilse fait un transport au cerveau, la raison s'éclipse, et leur àme criminelle passe des ténèbres intérieures de la conscience aux ténèbres extérieures de la mort et de l'en

Mais quand ils ne seraient point attaqués des esprits malins, qui les assiègent, la seule malignité du pé* ché,qui a jeté de si profondes racines dans leur cœur, serait capable de les perdre. L'habitude et la coutume qu'ils ont prise de longue main d'offenser f >i<*n II remords , est une mauvaise disposition , et un obstac évident à leur conversion. Car quelle apparence qu'à l'heure de la mort, lorsque tous les sens sont affaiblis par l'extrémité du mal, et que toutes les forces de l'âme sont ép aussi bien que celles du corps , un pé-

cheur qui a vieilli dans son péché fasse en un moment ce qu'il n'a pas fait durant toute sa vie , lorsqu'il avait toule la présence de son esprit P Jamais en ie il n*a fait un acte de contrition véritable, et vous i usez qu'il le fera à l'instant de son ti pas Pli a c

tr.i. Lé une habitude dans 1 1 \ Ice deq int<

an> , et vous croyez qu'il rompra cette durecnain« eu un moment P

196 L*HOMME D'ORàlSOfl.

O que l'aveuglement des hommes est étrange ! ô que leurs espérances sont trompeuses ! ô que leur prô voyance est courte et défectueuse! ô que l'avis que nous donne le Fils de Dieu dans l'Évangile -est impor tant et ^nécessaire ! Quand il faudra sortir de ce monde, priez que vous ne soyez point surpris, fuyez de bonne heure la colère de Dieu, n'attendez pas que la mort, qur est , à vrai dire , un triste hiver , froid et stérile , vous tienne engourdis , et vous rende inca pabîes de produire aucun fruit (1). La vie est un temps de travail 1 et la mort est un temps de repos, Ne pervertissez pas cet ordre , hâtez-vous de faire pénitence pendant qu'elle vous peut être utile : à la mortelle est incertaine , après la mort elle est inutile ; faites-la donc

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