‹ L'homme d'oraison (volume 3)Chapitre 109 sur 164 · II. CONSIDÉRATION · texte numérisé non relu

II. CONSIDÉRATION

Bien loin de diminuer l'honneur que nous devons a son infini pouvoir, en disant qu'il ne peut, comme Dieu , ni souffrir ni mourir , ce serait lui (aire le de; nier outrage , d'avoir un sentiment contraire. Que s'il a bien voulu s'assujettir en tant qu'homme aux souffrances et à la mort , ce n'est pas par un défaut de puissance , mais par un miracle de bonté , qu'il a voulu pour un temps priver sa sainte humanité de la jouissance de ses droits, pour nous rétablir dans ceux que nous avions perdus par le péché. C'est en cela même qu'il a signalé sa force , en se servant de la faiblesse pour triompher de toutes les puissances du monde ; ce qui a fait dire à saint Paul , que ce qui paraît une faiblesse en Dieu , est plus fort que tous les hommes (1). Sans doute les choses célestes surmontent les terrestres, dit saint Àmbroise sur ces paroles de saint Paul; c'est pourquoi ce qui semble faiblesse en Dieu , ne l'est pas. Car la faiblesse de Jésus-Christ est une grande victoire, parce qu'il a été victorieux, lorsqu'il semblait être vaincu, selon ces paroles : Jfin que vous soyez victorieux y lors même que vous êtes jugé (2). Et plus bas : Les injures et la passion du Sauveur passent pour des faiblesses selon le monde , qui ne sait pas les avantages qu'en tire la vertu divine. Car le Fils de Dieu a permis qu'on lui fit souffrir toutes ces choses, afin de triompher de la mort (3). Mais pour le péché , Terreur ,

(1) Quod infirmum est Dei, fortius est hominibus. 1. Cor. 1.

(2) Sine dubio cœlestia vincunt terrena. Quamobrem infirmum Dei non est infirmum, quia infirmitas Christi magna Victoria est: vicitenim, cùm victus videretur, sicut ait : Etvincas , cùm judicaris. S. Ambr. in ep. ad Cor. c. 1. tom. 3. Ps. 30.

(3) Infirma sunt mundo injuriœ et passio Salvaioris , nescienti haec ad virtutem profteere , quia ideô ista #aU se ,new»isit|, «t vinceret mortem.

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le mensonge et la tromperie , il n'a pu les admettre dans sa sainte humanité , et cette impuissance lui est infiniment glorieuse , parce qu'elle lui est commune avec la divinité , qui sanctifie son âme par l'onction de la sainteté incréée.

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