‹ L'homme d'oraison (volume 3)Chapitre 136 sur 164 · III. CONSIDÉRATION · texte numérisé non relu

III. CONSIDÉRATION

En troisième lieu, quiconque s'éloigne de Jésus- Christ, tombe dans sa disgrâce, et par une suite nécessaire, dans Tin fa mie, qui est un effet de sa rébellion, et de l'opposition qu'il a au souverain bien; parce qu'il n'y arien de plus infâme que de dire qu'une vile créature ait la hardiesse de résister à son Dieu; qu'un homme pour qui le Sauveur du monde a fait et souffert tant de choses, et qu'il a comblé de tant de biens , quitte lâchement son bienfaiteur pour prendre le parti de ses ennemis, et qu'un chétif esclave, un néant, qui n'est que poudre et que terre, s'oppose au Tout-Puissant, au souverain maître de l'univers, au premier de tous les êtres. Certainement il ne se peut rien dire de plus monstrueux que cette résistance, vu principalement que toutes les autres créatures sont dans la volonté de Dieu, soumises à son pouvoir et à son bon plaisir : il n'y a que le pécheur qui ose se révolter contre lui, et choquer toutes ses perfections sans en épargner une seule, jusque là que si Dieu était capable de déplaisir, il en recevrait une douleur infinie,

(1) Quàmexcellens bonum natura humanasit , ex doc maxime apparet quod datum ipsi sit, ut possit summi et incommutabllis boni adhaerere naturœ. Quôd si noluerit, bono se privât, et hoc ei malum est ; undè per jus'itiam Dei etiam cruciatus consequeiur. Quid enim tàm iniquum quàm ut desertori boni benè sit ? S. Aug. in Sentent, num* 287.

(2) Quomodô cecidisti de cœlo * Lucifer* rs, 14.

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qui troublerait la joie de son cœur, et lui ôtant sa béatitude, lui ôterait par conséquent l'être et la vie. D'où il suit que le pécheur encourt par celte indignité la haine et le mépris de Dieu, qui est le comble de son infamie, et la chose du monde la plus ignominieuse, au sentiment des saints, qui dans cette vue conçoivent une telle horreur du péché , que , pour l'éviter , ils ne feraient point de difficulté de se jeter dans les flammes de l'enfer.

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