‹ L'homme d'oraison (volume 3)Chapitre 96 sur 164 · III. CONSIDÉRATION · texte numérisé non relu

III. CONSIDÉRATION

Mais outre ce pouvoir spirituel, qu'on ne lui peut contester sans erreur, les théologiens en reconnaissent encore un autre temporel, qu'ils appellent un pouvoir d'excellence, fondé sur l'union hypostatique, qui le rend digne de régner absolument sur toutes les puissances du monde, non-seulement pour le spirituel, mais encore pour tout ce qui regarde le temporel (1). Car si nous considérons, disent-ils, ce que c'est que la dignité et la puissance d'un roi, ou d'un prince souverain dans quelque royaume ou république, nous trouverons qu'elle convient effectivement à l'humanité de Jésus-Christ , parce seulement qu'elle est unie au Verbe , et par suite consacrée et sanctifiée par l'onction de la divinité, sans qu'il soit besoin d'autre droit d'élection, ni de donation, ni de succession : remarquez qu'il ne s'agit pas ici de l'humanité sainte de Jésus-Christ en tant qu'elle est conduite par la volonté divine, mais en tant qu'elle est déifiée par l'union avec le Verbe, et par là rendue digne de commander, ainsi que font les rois, par le propre mouvement de sa volonté humaine. Or la dignité et la puissance royale n'est autre chose qu'un droit et un pouvoir de commander en tout ce qui concerne le gouvernement politique de l'État, de prescrire des lois, de faire des ordonnances, déjuger sou* verainernent, d'absoudre, de punir et de récompenser ceux qui le méritent. Tel était donc le pouvoir de Jésus- Christ en vertu de l'union hypostatique sur tous les rois et sur tous les royaumes du monde. Son humanité sainte, ainsi élevée jusqu'au trône de la Divinité, pouvait, si elle eût voulu, commander et imposer des lois à tous les monarques, non-seulement de la part de Dieu, comme les prophètes, qui n'étaient pas rois pour cela; mais de sa propre autorité, quiluiconve-

(1) Ità FasqueZ) in 3./?. tom, î. disp. 87 ^ c. 4. num,

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naît à cause de Ponction divine et de l'union qu'elle avait avec la personne du Verbe, laquelle union étant connue obligeait toutes les puissances de la terre à se .soumettre à son empire et à toutes ses volontés, bien loin d'avoir aucun droit sur elle.

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