‹ L'homme d'oraison (volume 4)Chapitre 117 sur 201 · V. CONSIDÉRATION · texte numérisé non relu

V. CONSIDÉRATION

quatrième vanité. La gloire des hommes n'est rien , si l'on considère le sujet des louanges qu'ils vous donnent. Car de quoi voulez-vous qu'on vous loue ? De votre noblesse ? c'est un bonheur dont vous êtes redevable à vos parents, et que vous n'avez point mérité; De vos richesses? c'est un fruit de l'injustice pour l'ordinaire, et toujours un piège de l'innocence. De vos habits? l'honneur en est dû aux oiseaux, dont vous portez les plumes; aux animaux, qui vous parent de leurs peaux et de leur laine ; aux vermisseaux , qui filent la soie dont vous êtes couvert. De votre esprit? vous en avez bien peu , si vous ne voyez la faiblesse de ceux dont vous recherchez l'estime. De votre sagesse ? jamais homme sage n'a fait état des opinions populaires. De votre courage ? c'est une lâcheté de se faire esclave de ceux à qui l'on doit commander : si vous êtes vraiment courageux, vous mépriserez le jugement des hommes. De votre vertu? il n'y a point de vertu solide qui ne soit fondée sur l'humilité et sur la connaissance de soi-même. Mais quand la vôtre serait véritable, si le monde vous donne des louanges, votre sainteté, en tant qu'elle est solide, vous rend semblable à Jésus-Christ; mais, en tant qu'elle est louée, vous

(1) Humanas laudes non affectes, nec vanè aliquera extollas , nescis enim quid futura pariât dies. Saepè novissimi suntprimi, et primi novissimi. Fuge laudari tanquàm venenum, ne seducaris , et perdas boni operis meritum. Vani sunt et stulli, qui laudibus delectantur humanis. Laudetur Deus, non homo iïagilis. Thomas à Kempis, de recognit* prop. fragil» c. 2*

302 i,*HOMME D'ORAISON.

lui êtes tout contraire. Car il nV ou pour récompense de ses vertus que les opprobres de la croix.

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