VI. CONSIDÉRATION
cinquième vanité. La gloire du monde n'est rien, si vous considérez la fin pour laquelle Dieu vous a donné la vie. Car c'est en vain que vous êtes au monde , si vous ne servez au dessein pour lequel il vous y a mis , c'est-à-dire, si vous ne cherchez sa gloire par une pure intention , d'où dépend le prix de vos bonnes actions et le mérite de votre vie. Votre bonne vie est un bien dont la gloire doit aller droit à Dieu , comme la fumée de l'encens, qu'on présentait sur l'autel des parfums , montait vers le ciel en ligne droite, sans varier aucunement par le souffle des vents. Il n'est pas nécessaire que vous soyez dans le monde; mais, supposé que vous y soyez, il est nécessaire de vivre pour le service de Dieu. 11 pouvait vous laisser dans le néant, mais vous ayant donné la vie , vous ne pouvez vous dispenser de l'obligation que vous avez de chercher sa gloire , sans vous anéantir vous-même, et ruiner le fruit de toutes vos actions. Or vous ne pouvez chercher sa gloire et la vôtre tout ensemble. L'amour divin et Pamour-propre ne compatissent pas ensemble ; et si vous me dites que vous ne cherchez l'honneur que pour l'amour do Dieu, afin de vous rendre plus capable de lui rendre service, et d'employer votre crédit et votre réputation pour avancer sa gloire, sachez que jamais personne n'a donné plus de gloire à Dieu que son Fils, et jamais personne n'a moins cherché la sienne (1). Laissez à Dieu le soin de votre honneur : moins vos actions auront d'approbation et d'éclat du côté de la terre, plus votre intention sera pure, et votre œil lumineux devant Dieu, là où étant loué et estimé, il est difficile ^ue vous ne penchiez un peu du côté où le vent des
(1) Est qui quserat et juaicet.
applaudissements populaires vous porte , et que vous n'ayez de la complaisance pour celle qu'on a pour vous.