‹ L'homme d'oraison (volume 4)Chapitre 131 sur 201 · IV. CONSIDÉRATION · texte numérisé non relu

IV. CONSIDÉRATION

Le troisième motif qui doit nous exciter à l'amoui du mépris, est la persévérance. Aimez le mépris, de peur que le désir de l'honneur ne vous retire du bien , et ne vous fasse déchoir de la perfection (2). Les plus dangereuses causes de la chute des gens de bien, sont l'orgueil secret et la tromperie du diable , qui les reçoit sous prétexte de vérité. Or qui aime sincèrement le mépris est fort éloigné de ces deux écueils, parce qu'étant ennemi de la vaine gloire, ii ne donne point de prise au diabie ni à l'amour-propre. Son humilité lui découvre les artifices de i'un et de l'autre, et lui obtient les grâces nécessaires pour s'en défendre. Le diable ayant toujours tâché de blesser saint Macaire avec une grande faux qu'il portait, et ne Payant pu faire } s'écria : Tu me fois bien de la peine, Macaire; je tâche de te nuire, et je ne le puis, quoique je te surpasse en plusieurs choses. Tu Jeûnes quelquefois , et je ne mange point du tout; tu veilles souvent, et moi je ne dors jamais. Mais tu me surmontes en un point, et je suis contraint de l'avouer. En quoi? lui dit saint Macaire. En humilité. Ton humilité me désarme, et m'arrache la victoire (3).

(1) S, Léo, serm. 5. de Epipk.

(2) Desideracontemni, ne obappetilum honoris à boiio et œquo retraharis.

(3) Humilitas tua sola nie vincit. Fitœ PP. I. 7. n. 6.

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