‹ L'homme d'oraison (volume 4)Chapitre 138 sur 201 · II. CONSIDÉRATION · texte numérisé non relu

II. CONSIDÉRATION

Le premier est celui de sa naissance , et de son en-

(1) Non contemplantibus nobis quae videntur, sed qua& non fidentur. Quse enim videntur, (emporalia sunt; quse aulem non videnlur, œterna sunt. 2. Cor. 4. 18.

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tréedans le monde. Car qu'y a-t-il de plus bas qu'une élable, de plus vil qu'une crèche , de plus abject qu'un peu de foin ? Le Sauveur du monde a choisi cette bassesse pour guérir notre vanité. Il pouvait venir avec une immense splendeur, accompagnée de tonnerres, d'éclairs et de tremblements de terre , et ravir tous Jes hommes en admiration de sa grandeur; mais il méprisa cet appareil magnifique, pour naître dans une si profonde abjection , que sa mère ne trouva point de logis plus commode qu'une étable , ni de lieu plus honorable pour le mettre qu'une crèche; et, pour nous faire voir avec quelle joie il s'abaissait si fort, il voulut être connu par là des pasteurs qui le vinrent adorer (1). Il ne leur donna, pour signe de sa naissance, ni des palais dorés, ni des berceaux d'ivoire ou d'argent, ni des langes précieux; mais de pauvres drapeaux, où il devait être enveloppé, et une crècbe, où il devait être couché : marques qui lui furent si chères, qu'il voulut qu'elles fussent publiées par un des plus nobles Séraphins, et que cette proclamation fût suivie des applaudissements et des chants harmonieuxd'une multitude innombrable d'anges, qui donnaient des louanges au Très-Haut (2). Voilà comme le Dieu de la gloire a choisi pour ses livrées les choses les plus viles et les plus basses, non par hasard , mais par un conseil éternel; pour nous apprendre qu'il venait sauver les hommes, non avec la pompe et la puissance du siècle , mais avec l'humilité, qui est le signe du salut, et la marque de tous les prédestinés.

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