‹ L'homme d'oraison (volume 4)Chapitre 140 sur 201 · IV. CONSIDÉRATION · texte numérisé non relu

IV. CONSIDÉRATION

Le troisième est son inaction pendant qu'il était dans le berceau, et sa prison de neuf mois dans le sein de sa mère, jointe à la faiblesse de son enfance, durant la-

(!) flde Aug. in Joan. tract. 15. et ep. 67. ad Honoratum* Item Chrysost. hom. 8. in Matt/i.

Quelle il ne fit rien à l'extérieur que les actions d'un enfant, ne montrant aucun signe , ni de sa sagesse infinie, ni de sa toute-puissance , ni de sa sainteté et de la majesté de sa personne; si bien qu'on ne l'eût pas distingué des autres , dont la condition est si faible et si pitoyable dans cet ûge , qu'on peut dire que c'est Pinfirmité même. Ce qui doit consoler ceux que la maladie ou le défaut des talents a rendu inutiles, et mis dans une inaction fort sensible et fort humiliante, surtout au regard des personnes qui sont bien liées et attachées par obligation d'état à quelque communauté. Car il y en a plusieurs qui s'affligent extrêmement de leur inutilité , les uns, par une bonté naturelle, parce qu'ils voient leur prochain surchargé à leur occasion ; les autres, par un orgueil secret, qui les pique et les aigrit ; les autres, par l'artifice du diable, qui se mêle dans ces dispositions, et redouble leur inquiétude et leur chagrin. Mais ils doivent se défendre de ces importunités, et considérer que celui qui agrée son abjection dans son inutilité , rend souvent plus de gloire à Dieu en se soumettant à sa providence , que beaucoup d'autres qui sont, à la vérité, plus capables d'agir , mais peut-être aussi plus suffisants, plus superbes, plus indévots, étant certain que Dieu n'a que faire de nos services, et que la créature ne lui est agréable qu'autant qu'elle est soumise à sa conduite, et qu'elle fait bon usage de la disposition que sa divine bonté met ou permet en elle.

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