‹ L'homme d'oraison (volume 4)Chapitre 141 sur 201 · V. CONSIDÉRATION · texte numérisé non relu

V. CONSIDÉRATION

Le quatrième est sa tentation au désert et à la croix. Car, en vérité, il n'y a rien de plus vil et de plus abject que d'être soumis à la malice d'une créature aussi misérable et aussi infâme qu'est le diable, pour être tenté et provoqué au péché. Il n'y a point de confusion que les bûînts ne préférassent à celle-ci , excepté l'ignominie qui naît du péché même. C'est pourquoi notre Sei-

gneur l'a voulu porter pour leur consolation, et, pouvant chasser le démon avec empire, le pouvant abîmer dans les enfers, le confondre avec des paroles foudroyantes, et le punir par de nouveaux tourments, il ne s'est servi que des armes de l'humilité pour le Combattre , se laissant porter sur le pinacle , et ne répondant à ses suggestions que par des paroles de l'Écriture pleines de simplicité et de douceur, soit pour honorer notre nature et lui laisser la gloire, comme dit saint Jérôme, d'avoir vaincu l'orgueil du démon par sa faiblesse, soit pour nous apprendre que ce n'est pas un mal d'être tentés, mais de succombera la tentation, ni d'être humiliés par nos ennemis visibles et invisibles, mais de ne pouvoir souffrir leurs insultes sans impatience et sans amertume de cœur.

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