III. CONSIDÉRATION
Cette troisième considération est si forte, que je ne sais comment un bon cœur peut y résister, et s'éloigner des exemples du Fils de Dieu.
Simon, chef des Israélites, voyant qcs ses troupes craignaient de passer un torrent qui était entre eux et ie camp des ennemis, se mit à la tête de son armée, et, passant tout le premier, il n'y en eut pas un qui ne le suivît avec courage (1). Gédéon s'était servi , avant lui, delà même industrie pour animer ses soldats : car, après avoir renvoyé les lâches et les poltrons, se contentant de l'élite de ses troupes, il prit une trompette d'une main et une lampe de l'autre, et leur dit : Mes compagnons , faites ce que vous me verrez faire. J'entrerai dans le camp des ennemis. Faites tout comme moi, et la victoire est à nous (2). L'Écriture ajoute qu'il fut suivi de tous , et parfaitement obéi : Et ils obéirent entièrement (3). Persuadez-vous que le Fils de Dieu vous tient le même langage, et vous propose les mêmes conditions en vous appelant à sa suite : vous savez qu'il est venu du ciel à dessein de rétablir le royaume des vertus. Pour cet effet il a banni le péché du monde ; il a exterminé tous les ennemis de notre salut ; et maintenant il vous invite à le suivre dans le combat , pour prendre part à l'honneur delà victoire. Il veut vous faire compagnon de son triomphe, et , pour vous donner plus de courage, il. vous regarde duciei comme d'un théâtre élevé, et, vous montrant les couronnes qu'il prépare à vos travaux, il vous dit amoureusement: Faites ce que vous m'avez vu faire (4). Pouvez-vous refuser d'o-
(1) Et transfretavit primus , el videront eum viri, et transierunt post eum. 1. Machab. 16.
(2) Quod me facere videritis, facile. Ingrediar partem Castro* mm, et quod fecero sectamini. lbid.
(3) Et illi prorsùs paruerunt. Judic. 9.
(4) Quod me facere videritis, facite.
32 l'homme d'oràisom.
béir,et de suivre un prince si débonnaire ?pouvez-vous résister à des semonces si amoureuses ? Si vous le faites , certainement vous n'avez point de cœur ni d'honneur, et vous méritez qu'il vous rebute à son tour, et qu'il vous désavoue en la présence de son Père, comme un soldat lâche et infidèle, indigne de l'avoir pour chef et de paraître devant lui. Celui qui ne reçoit pas sacroix et ne me suit pas, n'est pas digne de moi (1).
(1) Qui non accipit crucem suam ? etsëquitur me, non est me dignus. Mat th. 10. 38.
POUh Ufc tïUDl DE LA SIXIÈME SEMAINE d'APKES LA PENTECÔTE
Que nous devons imiter Jésus-Christ, parce qu'il est notre père.