‹ L'homme d'oraison (volume 4)Chapitre 187 sur 201 · I. CONSIDÉRATION · texte numérisé non relu

I. CONSIDÉRATION

Quand nous n'aurions point d'autre motif pour nous exciter à l'amour de cette vertu , l'excellence de notre nature nous y oblige. Car la douceur est si propre de l'homme , qu'elle en a pris son nom , et nous disons ordinairement que ceux qui sont d'un naturel sauvage et cruel, ne sont pas des hommes, mais plutôt des bêtes farouches. Et, de vrai , en se dépouillant des sentiments de l'humanité , ils effacent de leur rame le plus beau trait de l'image de Dieu , qui se plaît infiniment à la clémence. Le Seigneur est doux en toutes choses, et toutes ses œuvres ne respirent que bonté (1). C'est pourquoi le prophète Sophonie l'appelle le Débonnaire par excellence, et, comme chacun aime son semblable , il convie tous les hommes débonnaires à le chercher : Cherchez le Seigneur , esprils doux et débonnaires, qui vivez selon Dieu. Cherchez le juste, cherchez le débonnaire (2). Mais il faut avouer qu'en qualité de chrétiens , nous avons des raisons plus fortes, qui nous portent, par un devoir indispensable, à la pratique de la mansuétude.

(1) Suavis est Dominus in omnibus viis suis.

(2) Quœrite Dominum, omncs mansueti terra. Qui judicium ejus estis operati, quœrite juslum, quœrite mansuelum. Sop/i. 2. 3.

438 l'hommb D'ORAISON.

Page 1