‹ L'homme d'oraison (volume 4)Chapitre 49 sur 201 · III. CONSIDÉRATION · texte numérisé non relu

III. CONSIDÉRATION

La troisième prérogative de sa conception est qu'il est né Fils de Dieu , c'est-à-dire qu'en même temps que son humanilé sainte fut produite, elle fut unie à la personne du Verbe; et comme sa conception eut pour principe le Saint-Esprit , qui est Dieu , elle eut aussi pour terme un Homme-Dieu. D'où il suit qu'elle est doublement sainte et par la sanctification du Saint- Esprit, comme dit saint Bernard , et par l'union personnelle du Verbe (3). II s'ensuit encore que la pureté lui est naturelle, comme dit saint Denis d'Alexandrie , et, pour me servir des termes de saint Basile, qu'il n'a pas acquis comme nous l'inclination qu'il avait au bien, ni l'aversion du mal, par des exercices de ver-

(1) Jesu soli tota simul gratia adfuit,et tota gratia Jésus, totus infinité aiïluil : to*us unclus, quia tolus sanctus; totus unetus, quia totus desiderabilis j totus unclus, quia Spiritu sancto totus plenus. Petr. Cell. L de panib. c. 24.

(2) Decebat ut Chrisli conceptio ex maire purissimà fieret

de quâ Spirilus sanctus volebat et operaturus erat, ut concipe* relur et nascerelur il le de quo ipse procedebat. S. Ans.l. de Concept, virginalt.

(3) Quia quidquid lllud sit quod Virgogenuit, sanctum pro* cul dubio ac singulariter sanctum fuit et per Spirilrts sanclificationem , et per Verbi assumptiouem. S. Bern, homil* 1. super IVlissus est.

tu ; mais qu'elle lui était propre par le droit de sa naissance , ce qui a donné aux théologiens sujet de dire qu'il n'avait pas besoin de la grâce sanctifiante , qui n'est qu'une qualité accidentelle , ni des habitudes infuses , pour produire des actions d'un mérite infini , parce qu'il était naturellement , substantiellement , essentiellement saint , selon les Pères , son âme étant formellement sanctifiée par l'onction ineffable delà divinité qui lui est intimement unie.

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