‹ L'homme d'oraison (volume 4)Chapitre 64 sur 201 · III. CONSIDÉRATION · texte numérisé non relu

III. CONSIDÉRATION

Secondement, le déshonneur des enfants retombe sur les pères , et s'étend même sur toute la famille , qui partage avec eux l'infamie de leurs crimes. Or le Verbe incarné lient sur nous , comme créateur , la qualité de père, comme Fils de Dieu celle de frère , comme Verbe incarné , celle d'époux de nos âmes. La grâce de notre adoption nous associe à la filiation divine , et , en celte considération, il nous appelle ses frères : le caractère de la divinité , que nous portons en vertu de la création , nous élève à sa ressemblance par la participation de ses perfections infinies, et, dans cette vue, il nous reconnaît pour ses enfants, dont la gloire naturelle est d'être semblable à leur Père : outre qu'il nous a derechef engendrés dans la croix , et qu'il s'est acquis le titre de Père du siècle futur au prix de son sang et de sa vie. Qui ne voit par là que l'infamie des pécheurs io une à son déshonneur , et que c'est lui faire un ou-

trage signalé que de dégénérer de la noblesse de notre naissance, et d'enfants de Dieu nous faire enfants du diable, selon le reproche qu'il fait lui-même aux pécheurs: Vous êtes enfants du diable ; ce n'est pas de merveille si vous tâchez d'accomplir les désirs de votre Père (1).

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