‹ L'homme d'oraison (volume 4)Chapitre 69 sur 201 · I. CONSIDERATION · texte numérisé non relu

I. CONSIDERATION

Pour concevoir l'horrible difformité du péché, il ne faut que jeter les yeux sur le Fils de Dieu mourant en croix : car, en ce pitoyable état, il a fait de son corps tout couvert de sang et de plaies le miroir des pécheurs, afin que chacun pût voir, par l'impression que le péché a faite sur cette chair innocente, quelle est la laideur qu'il imprime dans l'âme de celui qui le commet. Ses ennemis, qui le crucifièrent, firent une exacte recherche de ses déportements, ils regardèrent ce beau miroir d'un œil malin , ils percèrent ses mains, ses pieds et son sacré côté , ils comptèrent tous ses os, ils le considérèrent avec une malice affectée, pour en remarquer les défauts. Y trouvèrent-ils quelque tache? eh! qui l'eût jamais pu faire? Qui de vous m'accusera de péché (1)? Contemplez-le vous-même attentivement: voyez ses mains innocentes, qui sont si nettes de toute injustice; celle langue qui n'a jamais proféré que des paroles d'amour et de vérité; ces pieds qui nous ont tracé le chemin du ciel sans jamais sorîir des voies de la vertu ; ces yeux dont Ions les regards étaient si purs; que (rouverez-vous parmi les épines ta Calvaire, sinon une fleur de sainteté et de beauté D

(J) Qnis ci vobis argue! me <le jiccoato ">

son chef est plus précieux qu'une niasse d'or très-fin; son visage, plus beau que le soleil tout brillant des rayons de la Divinité ; sa poitrine est comme un trésor public, ouvert à tout le monde; ses pieds, comme des colonnes de marbre posées sur des bases d'or; enfintout son corps est revêtu d'un habillement de lumière et de beauté qui surpasse celle du Carmel dans la plus agréable saison du printemps. Car tel devait être le voile du sanctuaire que le Saint-Esprit avait travaillé de ses mains, et formé du plus pur sang d'une vierge, pour couvrir la divinité du Verbe conversant parmi les hommes. D'où vient donc qu'il est si défiguré sur la croix?

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