CONSIDERATION
Quand les saints Pères et les conciles disent que Dieu , par les mérites de son Fils , donne des grâces suffisantes à tous les fidèles pour se sauver, ils n'entendent parler que des grâces suffisantes pour croire en lui, et pour obtenir de lui par leurs prières toutes les autres grâces , qui sont nécessaires pour parvenir au salut. Car sans la foi, que saint Augustin appelle la première grâce , ils ne peuvent rien faire qui ne soit défectueux ; parce qu'ils ne connaissent pas la fin pour laquelle ils doivent agir, comme nous avons déjà dit. C'est pourquoi s'ils résistent à la grâce qui les excite à croire en Dieu et à l'invoquer, soit qu'elle les y porte par un mouvement purement intérieur, soit par quelque avertissement extérieur accompagné du mouvement intérieur, ils se privent de toutes les grâces qui leur eussent été accordées , et qu'ils perdent par leur faute (2). C'est par cette raison que saint
quibus nondùm gratia Salvatoris illuxit : quibus tamen mensura gcneralisauxiliiquae desuper omnibus semper hominibus estpraestita, nonnegatur.Z>. Prosp. I. 2. devocat. Gent. c. 17.
(1) Universitati taominumità multiplex atque ineffabilis bonilas Dei consuluit semper , eteonsulit; utnequeulli pereunlium excusatio suppelat, de abnegato sibi lumine veritatis, neque cuiquam sit liberum de suâ justitiâ gloriari. Idem, c. 29.
(2) Incipit autem percipere gratiam , ex quo incipit credere Deo «el interna, vel externâ admonitione motus ad fidein. S. Aug.