‹ L'homme d'oraisonChapitre 111 sur 217 · II. CONSIDÉRATION · texte numérisé non relu

II. CONSIDÉRATION

Qui vous dislingue ? Quavez-vous que vous n'ayez reçu? Saint Anselme dit qu'on peut faire cette demande aux plus sublimes intelligences aussi bien qu'aux plus grands saints, parce que nulle créature, pour noble qu'elle soit, n'a rien de soi. Par conséquent c'est la grâce de Dieu qui la distingue. Il n'y a, dit ce Père, aucune créature qui ait quelque chose de soi. Car comment pourrait-elle avoir quelque chose de soi, puisqu'elle n'est pas elle-même de soi, mais de Dieu, quiest le seul être indépendant, de qui tous les êtres dépendent (2). Il est donc seul qui a de soi tout ce

(1) In hâc peregrinatione pignus accepiraus, utjam simus lux, fiùm adhuc spe salvi facti sumus, et filii lucis, et filii diei, et non filii noctis, neque tenebrarum , quod tamen fuiraus : inter quos et nos in islo adhuc inccrlo humanae notitiœ , lu solus dividis, (pu |»rol»as corda nostra , et vocas lucem, diem ; et tenebraj, QOCtam. Quis cnim nos discernit , nisi tu ? Quid autcm habeinus, quod non acccpimus à le,exeàdem massî vas.i in honorcin , ox quA sunt et alia facta in contumcliam ? S. Aug. I. 13. Conf. c. 14.

(2) Nulla crealura babet aliquid à se. Quod cnim soipsum à se non habet , quomodo à se aliquid habet ? .V. Anscl. lib. de casa diaboU^ c. 1. ubi ld ex orofesso probat.

.1*92 L'HOMME. Dv0RiUSON.

qu'il a. Tous les autres qui ont quelque chose , l'ont de lui, et comme ils n'ont d'eux que le rien, aussi ils n'ont de Inique ce qui est quelque chose (1). Cet excellent disciple de saint Augustin ne fait que suivre tes sentiments de son maître , qui conclut de là qu'il faut avouer, à îa louange qui est due au Créateur, que la charité a été répandue dans les anges aussi bien que dans les saints par le Saint Esprit, qui leur a été donné (2). Que ce n'est point seulement du bien des hommes , mais premièrement et principalement des anges > qu'il est écrit : Mon bien est de me tenir uni à Dieu (3) ; que ceux à qui ce bien est commun, ont entre eux une sainte alliance , et ne font qu'une cité de Dieu, un sacrifice, et un temple vivant qui lui est consacré (4) ; que c'est ce même bien qui a mis la distinction entre les bons et les mauvais anges ; parce que ceux-là se sont toujours tenus unis à celui qui les avait créés, par le même amour par lequel ils avaient été créés ; au lieu que ceux-ci s'en sont séparés , et sont déchus par leur faute de la bonne volonté que Dieu leur avait donnée , et dans laquelle ils pouvaient persévérer s'ils eussent voulu (5).

(1) Ille igitur solus à se habet , quidquid habet, et alia omnia non nisi ab illo habent aliquid. Et sicut à se non nisi nihil habent ; ità ab illo , non nisi aliquid habent. 5, Ansetm. lib. de casu diaboli, c. 1. ubiid ex professo probat.

(2) Confitendumest igitur cura débita laude Creatoris , non ad solos sanctos hommes pertinere, verùm e'iam de sanctis posse dici quôd charitas Dei diffusa sit in eis per Spiritum Sanctum , qui datus est eis. Z. 1 1. de C. D. c. 19.

(3) Nec tantùm hominum, sed primitù? prsecipuèque Angeîorum bonum esse quodscriptum est : Mihi autem adhtcrere Deo bonum est, Inter hosergôet illos, Deum vei prœscientià vel opère divisisse quis dubitet, etc. ? S. Aug. lib. Il* c. 33. Videet /. il. de Genesi ad litteram, c. 8.

(4) Hoc bonum quibus commune est , habent et cum eo, cui adhaerent, et inter se socielatem sanctam , et sunt una civitas juei , eademque vivum sacrificium e.jus, vivumque templum ejus,

(5) Eoque sunt istiab illorum societate discret) , quôd hi in eâ-

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